L’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) se retrouve à nouveau dans la tourmente. Plusieurs professeurs de médecine ont porté plainte pour harcèlement moral, évoquant un climat de pression systémique au sein de l’institution. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 15 mai 2025, confiée à un juge d’instruction.
Procédures abusives, pressions et risque suicidaire
Dans leur plainte déposée le 12 mars, les plaignants dénoncent un usage dévoyé de procédures disciplinaires, employées selon eux comme des armes pour les écarter de leurs fonctions ou pour régler des conflits internes, notamment autour des chefferies de service. Certains affirment avoir été interdits d’accès à leur hôpital, mettant en péril la continuité des soins de leurs patients. Leurs témoignages évoquent des pratiques de management autoritaire, isolant, et déshumanisant, et font directement écho au suicide du professeur Jean-Louis Mégnien, survenu en 2015 à l’hôpital Georges-Pompidou. Ce drame avait conduit à la condamnation de l’AP-HP en 2023 à 50 000 euros d’amende pour harcèlement moral.
Une crise systémique dénoncée au plus haut niveau
L’avocate des plaignants, Me Christelle Mazza, parle d’un harcèlement institutionnel enraciné, où la rumeur, la mise à l’écart sans procédure, et l’opacité règnent. Selon elle, l’hôpital public reste englué dans un fonctionnement « arbitraire et illégal » malgré les précédents tragiques. En parallèle, une plainte a été déposée mi-avril devant la Cour de justice de la République (CJR) contre les ministres Catherine Vautrin (Santé) et Élisabeth Borne (Éducation), pour harcèlement moral et homicide involontaire, à la suite de suicides de soignants. Alors que la crise du système hospitalier continue de se faire sentir dans les services comme dans les couloirs administratifs, ce nouveau dossier met en lumière la violence silencieuse qui peut se jouer… derrière les murs blancs des hôpitaux.