Alcool et cancer du pancréas : le verdict est tombé
Alcool et cancer du pancréas : le verdict est tombé

Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l’OMS, confirme : l’alcool ne se contente pas d’attaquer le foie, il accroît aussi le risque de cancer du pancréas, l’un des plus meurtriers qui soit. Chaque supplément de 10 g d’alcool pur par jour — l’équivalent d’un verre standard — augmente de 3 % votre probabilité de développer cette tumeur silencieuse. L’étude, publiée le 20 mai dans PLOS Medicine, a passé au crible 2,5 millions de participants issus de 30 cohortes sur quatre continents. Chez les femmes, une consommation de 15 à 30 g par jour fait grimper le risque de 12 % par rapport à une prise modérée (0,1 à 5 g). Chez les hommes, les chiffres sont encore plus inquiétants : + 15 % pour 30 à 60 g, et + 36 % au-delà. Ces données, ajustées pour le tabac et le sexe, révèlent une progression régulière du danger à mesure que l’on porte le verre à la bouche.

Un cancer longtemps sous-estimé

Jusqu’alors, l’alcool était officiellement reconnu comme facteur de risque pour sept cancers — côlon-rectum, œsophage, foie, bouche-pharynx-larynx et sein. Le pancréas, douzième cancer le plus fréquent mais responsable de 5 % des décès oncologiques, était déjà associé à des boissons fortes chez les gros buveurs. Cette méta-analyse mondiale éclaire pour la première fois son impact même à des consommations modérées, y compris chez les non-fumeuses et les femmes. Le diagnostic tardif du cancer du pancréas confère un pronostic sombre : moins de 10 % de survie à cinq ans. Les facteurs connus — tabagisme, obésité, pancréatite chronique, diabète — rejoignent désormais l’alcool sur la liste noire. Face à ces chiffres, les campagnes de santé publique sont appelées à renforcer les messages de modération : limiter les verres, informer sur la dangerosité d’un usage régulier, et placer le cancer du pancréas au-dessus de l’ombre portée des autres formes de cancer alcool-associées.

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