Affaire Le Scouarnec: deux responsables de l'Ordre des médecins du Finistère renvoyés en disciplinaire
Affaire Le Scouarnec: deux responsables de l'Ordre des médecins du Finistère renvoyés en disciplinaire

Selon FranceInfo, l’actuel et l’ancien président de l’Ordre des médecins du Finistère sont désormais rattrapés par une procédure disciplinaire. D’après un courrier daté du 23 avril, le Conseil national de l’Ordre a décidé, à l’unanimité lors d’une session extraordinaire, de les traduire devant la chambre disciplinaire de l’Ordre régional de Bretagne.

À l’origine, trois plaintes déposées en janvier 2026 par l’association L’Enfant Bleu, visant trois membres du conseil départemental du Finistère, dont son président en exercice. Le coeur du reproche tient en deux mots qui font mal: « totale inertie ». En 2006, l’Ordre du Finistère est informé qu’un an plus tôt Joël Le Scouarnec a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques. Trois responsables le reçoivent, il reconnaît les faits, et le compte rendu mentionne même « porno enfant +++ ». Malgré cela, aucune sanction, aucune mesure de précaution.

Quand l’Ordre doit rendre des comptes

Le résultat, lui, a le goût amer des occasions manquées. Le chirurgien a continué d’exercer au contact de mineurs, jusqu’à son interpellation par les gendarmes en 2017, et les victimes se sont multipliées au fil des années. Pour L’Enfant Bleu, il s’agit d’« une faute d’une particulière gravité » et l’association espère des sanctions disciplinaires. Le Conseil national ne renvoie que deux des trois responsables visés, le troisième médecin étant décédé récemment, mais le message envoyé aux instances locales est limpide: ce dossier ne se referme pas à coups de formules administratives.

Dans l’entourage des parties civiles, la décision est vécue comme un désaveu. L’avocat de L’Enfant Bleu, Jean-Christophe Boyer, y voit « un énorme désaveu » pour l’Ordre du Finistère, qui selon lui « a tenté de se défausser » avant d’être « rattrapé par la patrouille ». Son argument est direct: l’inaction aurait eu « des conséquences dramatiques » en laissant Joël Le Scouarnec poursuivre sa carrière. L’avocat dit attendre que « l’actuel et l’ancien président » rendent des comptes et souhaite que les conseils ordinaux « sortent d’une logique de corporation » pour exercer leur mission d’abord dans l’intérêt des patients.

Reste un détail qui n’en est pas un: début avril, l’Ordre départemental du Finistère aurait refusé de se saisir des plaintes, estimant que ses membres avaient « respecté la procédure de l’époque ». C’est donc le niveau national qui a forcé la main et imposé la saisine de la chambre disciplinaire de Bretagne. Ni les deux praticiens concernés ni l’Ordre du Finistère n’ont répondu aux sollicitations, et le Conseil national n’a pas souhaité commenter. Le calendrier disciplinaire dira maintenant si l’institution choisit enfin la transparence, ou si elle s’en remet encore aux murs épais de ses habitudes.

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