Vignes - une étude confirme l’exposition accrue des riverains aux pesticides @wikipedia commons
Vignes - une étude confirme l’exposition accrue des riverains aux pesticides @wikipedia commons

Une vaste enquête menée dans six régions viticoles françaises révèle une imprégnation nettement supérieure aux pesticides chez les habitants vivant à proximité des vignes. L’étude PestiRiv, conduite entre 2021 et 2022 sur près de 2 700 personnes, a analysé urines, cheveux, poussières, air ambiant et potagers. Le constat est sans appel : la proximité des parcelles traitées accroît fortement la présence de substances chimiques dans l’organisme et dans l’environnement immédiat. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans les zones viticoles, les taux de contamination apparaissent jusqu’à 45 % plus élevés dans les urines, plus de 1 000 % supérieurs dans les poussières domestiques et jusqu’à douze fois plus importants dans l’air extérieur. En période de traitement, les concentrations explosent : +60 % dans les urines, +700 % dans les poussières et jusqu’à quarante-cinq fois dans l’air. Les enfants de trois à six ans se révèlent particulièrement exposés, notamment en raison de leur contact direct avec le sol et de leur alimentation.

Un lien sanitaire encore incertain

Si l’étude démontre clairement une exposition accrue, elle n’établit pas de corrélation directe avec des pathologies. Les chercheurs rappellent que les effets potentiels sur la santé n’ont pas été évalués à ce stade et que d’autres facteurs environnementaux (métaux lourds, particules fines) peuvent interférer. Les moins de trois ans et les viticulteurs n’ont pas été suffisamment représentés pour des analyses spécifiques. Autre limite : l’absence de données précises sur l’utilisation réelle des produits phytopharmaceutiques, obligeant les équipes à reconstituer les volumes épandus par des méthodes indirectes.

Des recommandations de précaution

Malgré ces incertitudes, les agences sanitaires appellent à réduire le recours aux pesticides au strict nécessaire, en accélérant notamment la mise en œuvre de la stratégie Ecophyto 2030. Elles suggèrent aussi d’informer systématiquement les riverains avant les traitements afin qu’ils puissent adapter leurs comportements : rentrer le linge, nettoyer les sols, se déchausser en rentrant. L’étude confirme que la proximité avec les vignes accroît fortement l’exposition aux substances chimiques. Si le lien avec des maladies n’est pas encore établi, la logique de précaution impose déjà de limiter l’usage des pesticides et d’améliorer la protection des populations riveraines.

Partager