Une substance courante dans l’eau potable liée à une augmentation de 500 % de l’autisme
Une substance courante dans l’eau potable liée à une augmentation de 500 % de l’autisme

Une étude américaine récente a révélé un lien inquiétant entre une substance largement utilisée dans l’eau potable et un risque accru de trouble du spectre autistique (TSA) chez les enfants.

Des chercheurs de l’Institut des maladies chroniques dans l’État du Maryland ont conclu que les enfants ayant grandi dans des régions où le fluorure est ajouté à l’eau du robinet étaient six fois plus susceptibles de développer de l’autisme que ceux n’ayant pas été exposés à cette eau.

L’étude, dirigée par le Dr Mark Geer, a analysé les données de plus de 73 000 enfants nés en Floride entre 1990 et 2012, en suivant leur développement pendant les dix premières années de vie.

Les résultats ont montré une augmentation de 526 % du risque de développer l’autisme chez les enfants exposés de manière prolongée au fluorure. L’étude a également observé une hausse de 102 % du risque de déficiences intellectuelles, et une augmentation de 24 % des cas de retard de développement.

Publiée dans la revue BMC Pediatrics, l’étude a comparé deux groupes :

Le premier composé de 25 662 enfants ayant grandi dans des zones où plus de 95 % de la population consomme de l’eau fluorée.

Le second, formé de 2 509 enfants n’ayant jamais été exposés à une telle eau.
Fait marquant : seulement 5 enfants du second groupe ont été diagnostiqués autistes, contre 320 cas dans le premier.

Un débat scientifique enflammé

Ces résultats ont déclenché une vive controverse dans les milieux médicaux, d’autant que le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., critique de longue date l’ajout de fluorure à l’eau potable. Il a annoncé son intention de soumettre une demande officielle aux CDC (Centers for Disease Control) pour réévaluer les recommandations en la matière.

De son côté, la Dre Faith Coleman a exprimé son scepticisme quant à la validité de l’étude, soulignant plusieurs limites méthodologiques, notamment : l’absence de données précises sur la quantité réelle de fluorure consommée, la non-prise en compte des facteurs génétiques possibles et un âge moyen de diagnostic de l’autisme de 6,13 ans, bien supérieur à l’âge habituel de détection (entre 1 et 2 ans).

Malgré ces préoccupations, les agences sanitaires américaines, telles que les CDC, continuent de recommander l’ajout de fluorure à l’eau potable, en raison de son efficacité prouvée dans la prévention des caries dentaires. Actuellement, environ les deux tiers des Américains consomment de l’eau fluorée.

Des études précédentes lancent également l’alerte

D’autres recherches avaient déjà mis en garde contre les effets neurologiques potentiels d’une exposition prolongée au fluorure. Une revue de 74 études, publiée dans la revue JAMA Pediatrics, a révélé qu’chaque augmentation de 1 mg/L de fluorure dans l’urine de l’enfant était associée à une baisse de 1,63 point de QI.

À la lumière de ces données, les chercheurs appellent à une réévaluation rigoureuse des risques et bénéfices de l’utilisation du fluorure, notamment en comparant les politiques internationales. En effet, la majorité des pays européens n’ajoutent pas de fluorure à l’eau potable — et présentent en parallèle des taux d’autisme bien plus bas que ceux observés aux États-Unis.

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