SOS Médecins alerte sur le quotidien des praticiens : agressions, insultes et menaces 
SOS Médecins alerte sur le quotidien des praticiens : agressions, insultes et menaces 

Après une nouvelle agression à Lille, l’organisation tire la sonnette d’alarme. En première ligne, ses médecins dénoncent un climat de plus en plus délétère et réclament des réponses judiciaires à la hauteur.

Des violences devenues systémiques

Mercredi à Lille, un praticien de SOS Médecins a été frappé et insulté par les proches d’une patiente directement dans son cabinet. Une plainte a été déposée. Face à ce nouvel acte, SOS Médecins France a annoncé se porter partie civile. Mais au-delà du choc, c’est une réalité récurrente que dénoncent les soignants de l’association : les agressions verbales et physiques se multiplient sur tout le territoire. Sébastien Chopin, vice-président national et président de la branche de Melun, en avait lui-même été victime en 2022. Frappé à plusieurs reprises par une patiente mécontente, il raconte avoir vécu plusieurs mois dans l’angoisse. Un traumatisme que connaissent de nombreux professionnels, parfois pris à partie dès le standard téléphonique, où les insultes sont devenues monnaie courante.

Des exigences croissantes, des réponses limitées

Selon Philippe Paranque, président de SOS Médecins, les tensions se cristallisent souvent autour des arrêts de travail. L’organisation ne délivre que trois jours maximum, ce que certains refusent d’accepter. Un refus qui peut rapidement dégénérer. En réaction, SOS Médecins rappelle que les praticiens ont légalement le droit de refuser leurs soins hors urgence, et interdit parfois l’accès à certains patients à l’origine d’incivilités graves. Pour se protéger, plusieurs structures ont été contraintes de se sécuriser : caméras, sas d’entrée, boutons d’alerte. Des dispositifs encore marginaux mais appelés à se généraliser. Le but : éviter la transformation des cabinets en forteresses, tout en assurant la sécurité des équipes.

Des sanctions jugées trop légères

Entre le 1er janvier et le 23 juin 2025, l’Ordre des médecins a recensé 216 incidents impliquant des médecins, dont 81 cas d’injures ou de menaces. Un chiffre jugé largement sous-estimé. Malgré un Code pénal prévoyant des sanctions renforcées pour les violences visant les soignants, beaucoup dénoncent des réponses judiciaires insuffisantes. Le président de la branche de Melun s’inquiète de voir des récidivistes bénéficier encore de peines légères, malgré des antécédents connus. Face à ce climat, les praticiens de SOS Médecins appellent à des mesures fermes pour enrayer ce qu’ils considèrent comme une banalisation inquiétante des violences à leur encontre.

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