Un cas de chikungunya autochtone est fortement suspecté à Montoison, petite commune de la Drôme, selon un communiqué publié par l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agirait d’une contamination locale par un moustique tigre , vecteur du virus.
Une transmission en France et non en zone tropicale
La personne concernée n’a pas voyagé récemment en zone tropicale, ce qui suggère une transmission locale du virus. Selon les éléments recueillis par l’ARS, le moustique vecteur aurait piqué une personne précédemment infectée à l’étranger avant de transmettre le virus à la personne actuellement malade.
Des analyses biologiques ont été effectuées et les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, en lien avec le Centre national de référence des arbovirus. Une enquête entomologique a également été menée pour confirmer la présence du moustique tigre dans les lieux fréquentés par la personne infectée.
Une opération de démoustication menée en urgence
Dans le but de contenir toute éventuelle propagation du virus, une opération de démoustication ciblée a été réalisée la nuit dernière. Cette intervention a consisté à traiter les zones de vie du moustique tigre, en particulier les gîtes larvaires et les foyers de moustiques adultes.
Une enquête épidémiologique de porte-à-porte est également prévue ce mercredi , dans le quartier où réside la personne contaminée. Elle visera à identifier d’éventuels autres cas, tout en informant la population sur les bons gestes à adopter.
Une situation nationale sous haute surveillance
Depuis le début de la surveillance renforcée, le 1er mai dernier, la France a enregistré 583 cas importés de chikungunya, 395 cas de dengue, ainsi que 2 cas de Zika en métropole, selon Santé publique France.
Deux cas autochtones de chikungunya ont d’ores et déjà été confirmés cette année en région PACA : l’un dans le Var (La Crau), l’autre dans l’Hérault (Prades-le-Lez). Celui de Montoison, s’il était confirmé, serait le troisième en 2025.
Une maladie en progression
Le chikungunya est une maladie virale caractérisée par une fièvre élevée, de fortes douleurs articulaires, parfois accompagnées de maux de tête et d’éruptions cutanées. Le moustique tigre, implanté dans 81 départements métropolitains début 2025, en est le principal vecteur.
Face au réchauffement climatique, à l’urbanisation et à la mobilité internationale, les experts craignent une endémisation de la maladie en Europe. Une étude publiée en mai dans The Lancet Planetary Health appelle à renforcer la surveillance et les stratégies de lutte contre les moustiques.
Comment se protéger ?
Les autorités sanitaires rappellent quelques gestes simples mais essentiels pour limiter les risques : éliminer les eaux stagnantes (soucoupes, gouttières, contenants abandonnés), utiliser des répulsifs et porter des vêtements couvrants, et consulter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre et douleurs articulaires inexpliquées, surtout en période de circulation virale…