C’est devenu un réflexe quasi universel: s’asseoir sur la cuvette et dégainer son téléphone. TikTok, Instagram, Facebook, peu importe le réseau, le résultat est le même: le temps passé aux toilettes explose. Une étude menée à l’hôpital universitaire Beth Israel de Boston vient de rappeler les conséquences de ce nouveau rituel. Les chercheurs ont constaté que l’usage du smartphone sur le trône augmentait de 46 % le risque d’hémorroïdes. Non pas parce que l’écran agresse directement l’organisme, mais parce qu’il allonge dangereusement la durée d’assise.
Le piège de l’algorithme
Autrefois, un vieux magazine feuilleté dans les toilettes ne retenait guère plus de quelques minutes. Aujourd’hui, les fils infinis conçus pour capter l’attention font perdre toute notion du temps. Selon les chiffres de l’étude, menée sur 125 patients lors de coloscopies de dépistage du cancer colorectal, 40 % des adeptes du smartphone restaient plus de cinq minutes sur la lunette, contre seulement 7 % de ceux qui entraient sans téléphone. Or, cette position assise prolongée favorise l’accumulation de sang dans les veines de la région anale, terrain propice à l’apparition d’hémorroïdes. La gastro-entérologue Trisha Pasricha, qui a dirigé les travaux, souligne que les plateformes exploitent une mécanique implacable: la succession de vidéos calibrées pour maintenir l’attention. Résultat, vingt à trente minutes peuvent s’écouler sans que l’on s’en rende compte. Une durée largement suffisante pour fragiliser le système veineux et accroître le risque de crise hémorroïdaire.
Se fixer une limite avant d’entrer
Les auteurs de l’étude insistent: il s’agit d’une corrélation, non d’un lien de causalité absolu. Mais le constat est suffisamment préoccupant pour encourager de nouveaux réflexes. Comme on recommande de bannir le téléphone du lit ou de la table, les médecins suggèrent de le laisser en dehors des toilettes. Pour ceux qui n’y parviennent pas, une règle simple: se fixer une limite. Deux vidéos, puis une question à soi-même: « Ai-je encore quelque chose à faire ici ? ». Dans un monde saturé d’écrans, le temps passé aux toilettes n’échappe pas à l’addiction numérique. Et ce qui n’était qu’une pause anodine peut, à force de scroll intempestif, se transformer en facteur de risque médical bien concret.