L’OMS secouée par le retrait américain : l’heure des coupes et des choix
L’OMS secouée par le retrait américain : l’heure des coupes et des choix

C’est un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de la santé mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), fragilisée depuis des années par des critiques récurrentes, doit désormais faire face à une décision lourde de conséquences : le retrait des États-Unis, acté par décret du président Donald Trump en janvier dernier. Un désengagement financier qui pousse l’organisation à revoir en profondeur son fonctionnement.

25 % de réduction de personnel, et des priorités à revoir

Avec Washington qui tournait le dos à l’institution onusienne, c’est une part essentielle du financement qui s’évapore. Résultat immédiat : l’OMS prévoit de réduire ses effectifs de 25 %, principalement dans les fonctions de soutien et de coordination. L’austérité s’impose, mais l’enjeu est plus large. Ce retrait américain – déjà tenté par Trump lors de son premier mandat – sert de déclencheur à une réflexion stratégique de fond : que doit vraiment être la mission de l’OMS aujourd’hui ? Dans les couloirs fraîchement rénovés du siège genevois, on parle d’une opportunité déguisée. « Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise », dit l’adage attribué à Churchill, souvent cité ces derniers mois à Genève. C’est en tout cas la ligne défendue par nombre d’acteurs de la santé mondiale, qui espèrent que ce choc forcera l’organisation à clarifier ses priorités, rationaliser ses ressources, et regagner la confiance de ses membres. Car au-delà des restructurations, l’OMS joue sa crédibilité. Après les critiques sur sa gestion du Covid-19, sur ses lenteurs ou ses ambiguïtés diplomatiques, le retrait américain pourrait paradoxalement l’aider à se réinventer. À condition, toutefois, de savoir transformer cette crise en réforme.

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