L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi les autorités talibanes à accorder une exemption formelle aux restrictions imposées aux femmes travaillant dans le secteur humanitaire, afin de faciliter la réponse aux récents tremblements de terre meurtriers en Afghanistan. L’agence onusienne a souligné que ces limitations compromettaient directement l’aide apportée aux victimes, en particulier aux femmes blessées et déplacées.
Depuis la reprise du pouvoir par les talibans en 2021, les Afghanes se heurtent à de sévères restrictions concernant leur droit au travail, notamment dans les ONG et les institutions internationales. Ces contraintes incluent l’obligation pour les employées de se déplacer accompagnées d’un tuteur masculin, ce qui complique fortement les opérations sur le terrain.
Les séismes, dont l’un d’une magnitude 6, ont frappé le pays au début du mois de septembre, laissant des milliers de personnes sans abri et faisant un grand nombre de blessés. L’OMS rappelle que les femmes figurent parmi les plus touchées, et qu’un accès direct à des professionnelles de santé et de soutien est indispensable dans ce type de crise.
« Nous exhortons les autorités à lever les obstacles qui empêchent nos collègues féminines d’accomplir leur travail vital », a déclaré un porte-parole de l’organisation. Selon l’OMS, la présence de femmes dans les équipes d’assistance est cruciale, car de nombreuses Afghanes ne peuvent être prises en charge par des soignants masculins en raison de normes sociales et religieuses strictes.
Les Nations unies et plusieurs ONG avaient déjà dénoncé à plusieurs reprises ces restrictions, qui paralysent les opérations humanitaires dans un pays en proie à des catastrophes naturelles récurrentes et à une crise économique profonde. L’appel de l’OMS s’inscrit dans une série de pressions internationales visant à garantir un minimum d’accès humanitaire pour les Afghanes affectées par les séismes.