Le virus respiratoire syncytial menace l’Europe : après l’Australie, la France sous surveillance
Le virus respiratoire syncytial menace l’Europe : après l’Australie, la France sous surveillance

Après une vague record de cas en Australie, le virus respiratoire syncytial (VRS) pourrait bien déferler sur l’Europe à l’hiver 2025-2026. Particulièrement dangereux pour les nouveau-nés et les personnes âgées, ce virus fait déjà l’objet d’une mobilisation accrue au Royaume-Uni, où le système de santé vient de renforcer sa stratégie vaccinale, notamment auprès des femmes enceintes. En France, si des mesures ont déjà été prises ces dernières années, l’heure est désormais à la vigilance renforcée. Le VRS, qui provoque notamment des bronchiolites sévères chez les nourrissons, a causé une explosion d’hospitalisations en Australie ces derniers mois. Les autorités sanitaires britanniques anticipent un effet miroir en Europe avec la saison hivernale, et ont d’ores et déjà élargi leur campagne de prévention : vaccination à partir de 28 semaines de grossesse, traitement préventif par anticorps monoclonal (nirsevimab) pour les prématurés, et extension aux plus de 75 ans. Cette stratégie offensive suscite une question : la France est-elle prête à encaisser un tel choc viral ?

Un virus saisonnier, des services pédiatriques vigilants

Très contagieux, le VRS se transmet par voie respiratoire ou par contact avec des surfaces contaminées. Chez les bébés de moins de six mois, il peut rapidement évoluer vers une détresse respiratoire aiguë. Chaque année en France, il est responsable de dizaines de milliers de cas de bronchiolite. Environ 30 % des enfants de moins de deux ans seraient touchés chaque hiver, selon le ministère de la Santé. Les hôpitaux pédiatriques, déjà éprouvés, se retrouvent régulièrement en surcharge au pic de l’épidémie, entre octobre et mars. Depuis l’hiver 2023-2024, la France a misé sur le nirsevimab (commercialisé sous le nom de Beyfortus), un anticorps monoclonal administré en une injection unique à tous les nourrissons. 

Un traitement qui confère une immunité passive ciblée

Ce traitement empêche le virus de s’installer dans l’organisme. Selon l’Institut Pasteur et Santé publique France, cette campagne a déjà permis d’éviter près de 5 800 hospitalisations en 2024. Mais face à la flambée observée dans l’hémisphère Sud, le dispositif pourrait être jugé insuffisant. L’extension de la vaccination aux femmes enceintes, comme au Royaume-Uni, est à l’étude. L’idée : offrir une protection dès la naissance, sans attendre l’administration postnatale d’un traitement. Alors que le virus amorce sa remontée saisonnière, les autorités sanitaires françaises savent qu’elles devront agir vite pour éviter une saturation des services pédiatriques. Car si le VRS reste, dans bien des cas, un « gros rhume », pour les plus fragiles, il peut être tout sauf banal.

Partager