Le retour rouge vif : la rougeole reprend du terrain en France
Le retour rouge vif : la rougeole reprend du terrain en France

Fin 2024, les services d’infectiologie dressent un constat sec : 483 cas de rougeole en douze mois, soit quatre fois plus qu’en 2023. Un chiffre encore loin des vagues pré-Covid, mais suffisant pour remplir les services pédiatriques de pneumopathies et rappeler qu’un virus oublié retrouve vite ses marques quand la couverture vaccinale s’effrite. L’ombre de la pandémie plane toujours : depuis le chaos sanitaire de 2020, le vaccin ROR a reculé dans de nombreux départements, laissant des poches d’enfants non protégés et des adultes de plus de trente ans redevenus vulnérables.

Entre hospitalisations et importations, la nouvelle cartographie du virus

Les bulletins épidémiologiques montrent que 62 départements métropolitains ont déjà affronté au moins un cas ; près d’un tiers ont envoyé leurs patients à l’hôpital, principalement des moins de cinq ans et des trentenaires qui n’avaient jamais reçu de rappel. Sur les 483 infections, 84 viennent de l’étranger, preuve que la rougeole voyage dans les valises autant que sur les bancs d’école. À chaque foyer, la mécanique est la même : un enfant tousse en classe, le virus galope parmi les non-immunisés, deux semaines plus tard les chambres d’isolement se remplissent. Les complications respiratoires, loin d’être anecdotiques, ont touché 66 malades l’an dernier.

Le spectre de 2019 plane-t-il sur 2025 ?

Avant la crise sanitaire, la France cumulait plus de 2 000 cas annuels. Les confinements avaient ralenti la circulation du virus, mais la pause vaccinale a laissé un vide que la rougeole s’empresse de combler. Santé publique France redoute une nouvelle flambée dès le printemps si les rappels ROR ne repartent pas à la hausse. Faute de décès en 2024, la tentation du relâchement guette ; pourtant l’équation est simple : laisser 95 % de la population à jour de ses deux doses ou revoir, très vite, les salles d’attente saturées d’enfants fiévreux et d’adultes aux poumons en feu. À l’heure où les épidémies mondiales s’enchaînent, le pari du laisser-faire ressemble de plus en plus à une roulette russe épidémiologique.

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