Khartoum frappée par une épidémie de choléra après des attaques de drones dévastatrices
Khartoum frappée par une épidémie de choléra après des attaques de drones dévastatrices

KHARTOUM/DUBAÏ/LE CAIRE – Une épidémie de choléra s’est brutalement intensifiée à Khartoum, la capitale du Soudan, touchée de plein fouet par des attaques de drones qui ont détruit des infrastructures vitales. Plus de 2 300 cas ont été recensés au cours des trois dernières semaines, selon les autorités sanitaires, avec au moins 51 décès enregistrés. La quasi-totalité des infections est concentrée dans la région métropolitaine de Khartoum, notamment dans les localités de Karari et de Jabal Awlia.

Les attaques, qui ont visé des centrales électriques, des barrages et des dépôts de carburant, ont provoqué de longues coupures d’électricité et d’eau courante, rendant presque impossible la prévention de la propagation du choléra. Cette situation a également favorisé l’apparition d’autres maladies comme la dengue, le paludisme ou encore la typhoïde, déjà endémiques dans certaines zones.

Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF), qui dure depuis plus de deux ans, a transformé la capitale en champ de ruines. La semaine dernière, l’armée a annoncé avoir pris le contrôle total de l’État de Khartoum. Néanmoins, la situation sanitaire reste catastrophique, les infrastructures médicales ayant été détruites ou totalement débordées.

L’ONU a tiré la sonnette d’alarme jeudi dans un rapport, soulignant que « les services publics, déjà soumis à une pression énorme, ont eu du mal à faire face aux défis aggravés par la panne d’électricité prolongée ». Les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones les plus touchées à cause de l’insécurité persistante.

L’armée soudanaise accuse les RSF d’être responsables des attaques contre les infrastructures civiles. Ces dernières n’ont pas répondu aux sollicitations de la presse. Les combats les plus intenses se sont déplacés vers l’ouest du pays, notamment dans les régions de Kordofan et du Darfour, où l’armée tente de reprendre du terrain face aux milices paramilitaires.

Ce regain de violences s’inscrit dans un contexte de transition politique avortée. Le conflit avait éclaté en avril 2023, après l’échec des négociations sur l’intégration des RSF au sein de l’armée nationale, dans le cadre d’un processus de retour à un pouvoir civil. Depuis, le pays s’enfonce dans une crise humanitaire majeure, marquée par la famine, les déplacements de populations et l’effondrement des services de base.

Partager