Confrontés à une inflation persistante des coûts de construction, à la hausse des taux d’intérêt et à un déficit global estimé à 2,5 milliards d’euros pour l’année 2025, les hôpitaux publics français bénéficieront d’une enveloppe supplémentaire de six milliards d’euros d’ici à 2036. C’est au Salon Santexpo, organisé par la fédération des hôpitaux publics, que la ministre de la Santé Stéphanie Rist a officialisé ce mardi ce nouvel effort budgétaire, destiné à soutenir des projets de rénovation, de modernisation et de construction en régions. Une instruction sera envoyée aux Agences régionales de santé pour sanctuariser ces crédits.
Ces six milliards ne constituent pas un effort entièrement inédit : il s’agit pour l’essentiel d’une remobilisation de crédits issus des anciens plans « Hôpital 2007 » et « Hôpital 2012 », qui arrivaient à échéance et auraient disparu sans cette décision. Combinés aux 16 milliards déjà alloués aux établissements hospitaliers dans le cadre du Ségur de la Santé lancé en 2021, l’effort public total atteindra 22 milliards d’euros sur la période 2021-2036. La FHF, qui réclamait cette sécurisation depuis plusieurs années, a salué une « très bonne nouvelle ».
Des contreparties en matière d’efficience et de coopération
Ces financements ne seront toutefois pas attribués sans conditions. Les projets éligibles devront s’inscrire dans une logique de mutualisation des moyens au sein des groupements hospitaliers de territoire, et démontrer leur soutenabilité financière. La ministre entend ainsi s’assurer que « chaque euro d’argent public soit bien utilisé », selon sa formule, à rebours d’une politique de guichet ouvert.
Au-delà de l’investissement immobilier, Stéphanie Rist a esquissé une transformation plus profonde du modèle hospitalier, en incitant les établissements à développer l’ambulatoire, l’hospitalisation à domicile et des formes d’hébergement non médicalisé moins coûteuses. Elle a également annoncé une mission confiée à l’Igas pour analyser la situation financière dégradée des cliniques privées, et souhaite que l’hôpital public se décloisonne davantage en direction du secteur libéral et des cliniques, dans une logique d’activités complémentaires.
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