Après les 21 contaminations identifiées en France, dont deux mortelles, l’alerte sanitaire prend désormais une dimension internationale. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a confirmé que quatre autres cas de listériose, génétiquement identiques à ceux détectés dans l’Hexagone, ont été recensés en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège. Les produits incriminés seraient des fromages au lait de vache et de chèvre pasteurisés, fabriqués dans une usine de la Creuse. Ces produits laitiers ont été distribués bien au-delà du marché français, atteignant près d’une trentaine de pays européens – parmi lesquels l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suisse – mais aussi des destinations lointaines comme le Japon, l’Australie, la Corée du Sud, Singapour ou encore les États-Unis et le Canada.
Un risque mondial sous surveillance
Les autorités sanitaires locales ont lancé des rappels et avertissements pour éviter toute consommation de ces fromages suspectés. Des contrôles renforcés sont en cours afin d’empêcher leur distribution. Dans certains pays importateurs, aucun cas n’a encore été détecté, mais l’ECDC insiste sur la prudence. La listériose, qui peut se déclarer jusqu’à huit semaines après l’ingestion d’aliments contaminés, reste particulièrement dangereuse pour les personnes vulnérables, notamment les femmes enceintes, les personnes âgées et les patients immunodéprimés. Les autorités rappellent l’importance de consulter rapidement un médecin en cas de symptômes tels que fièvre, maux de tête intenses ou troubles digestifs. Cette crise illustre une nouvelle fois la fragilité des chaînes d’exportation agroalimentaires face à une bactérie redoutable, dont la présence dans des produits courants peut déclencher une alerte sanitaire mondiale.