L’été vire au cauchemar pour les éleveurs français. En un mois, plus de 2 000 foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO), surnommée « maladie de la langue bleue », ont été recensés à travers le pays. Deux sérotypes – les variants 3 et 8 – frappent particulièrement l’Ouest, en Bretagne et dans le Morbihan, mais aussi la Bourgogne-Franche-Comté. Malgré la disponibilité de vaccins, la contamination progresse de manière fulgurante, alimentée par les moucherons vecteurs du virus.
Une propagation explosive malgré les vaccins
Apparu en France à l’été 2024, le sérotype FCO3 connaît depuis début juin une recrudescence inquiétante, avec 1 117 foyers détectés en un mois. En parallèle, la FCO8, installée depuis plusieurs années sur le territoire, a causé 1 060 contaminations supplémentaires, dont un tiers dans le seul département du Morbihan. La situation sanitaire se dégrade rapidement : les cas de FCO3 ont doublé en une semaine, entre le 24 et le 31 juillet. Le ministère de l’Agriculture a pourtant lancé en juin une campagne de vaccination, annonçant la commande de sept millions de doses pour couvrir l’ensemble des élevages ovins. La présidente de la Fédération nationale ovine, Michèle Boudoin, reconnaît que les doses sont enfin disponibles, mais constate un retard à l’allumage dans leur diffusion et dans l’adhésion des éleveurs.
Colère sur le terrain et appels à l’indemnisation
Alors que la filière ovine peine à se relever de l’épizootie de 2024, la situation suscite l’exaspération. Si les vaccins contre le sérotype 8 sont désormais gratuits, la Confédération paysanne dénonce une livraison trop tardive et réclame une reconduction immédiate du dispositif d’indemnisation, y compris pour les pertes indirectes et les frais vétérinaires. Le syndicat appelle également à élargir le soutien aux bovins et caprins, également touchés. Dans les fermes bretonnes, ce sont surtout les petits élevages qui risquent la disparition pure et simple, faute d’immunité collective ou de réactivité. Les foyers se multiplient au rythme des insectes, laissant les professionnels du secteur seuls face à une crise qui semble se répéter d’année en année.