Face à la pénurie, un bus pour recruter donneurs et donneuses de gamètes
Face à la pénurie, un bus pour recruter donneurs et donneuses de gamètes

La France manque cruellement de dons de sperme et d’ovocytes. Plus de 13 000 femmes sont actuellement en attente d’un don, un chiffre qui explose depuis l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes en 2021. Pour tenter de répondre à cette demande grandissante, l’Agence de la biomédecine a lancé mercredi une nouvelle campagne nationale baptisée « Faites des parents ». Pendant un mois, un bus violet sillonne dix grandes villes françaises, à commencer par Paris. Objectif : informer et convaincre davantage de volontaires, hommes de 18 à 44 ans et femmes de 18 à 37 ans. Car malgré l’augmentation du nombre de candidats, l’offre reste insuffisante. « On a besoin de deux fois plus de dons », reconnaissent les responsables de l’agence.

Un parcours exigeant mais crucial

Le message se veut clair : donner demande du temps et de l’engagement. Les donneurs de sperme doivent multiplier les entretiens, effectuer plusieurs recueils et analyses. Pour les donneuses d’ovocytes, la démarche est plus lourde : stimulation hormonale et ponction sous anesthésie. Un processus plus invasif, mais qui peut changer la vie de familles entières. Les équipes rappellent aussi que la diversité des profils est essentielle, afin que les receveurs puissent bénéficier de dons correspondant à leurs origines. Pour certaines volontaires, c’est même une motivation supplémentaire : se sentir investies d’une mission face aux difficultés rencontrées par leurs proches ou leur communauté.

Un boom de la demande depuis la loi de 2021

Depuis quatre ans, les demandes de PMA ont été multipliées par huit. Les dons, eux, stagnent autour de 1 600 par an. Les bénévoles sur le terrain s’emploient donc à sensibiliser passants et curieux, souvent via des quiz pédagogiques. Beaucoup repartent avec l’idée d’y réfléchir sérieusement. L’Agence de la biomédecine espère que cette campagne mobile inversera la tendance. Car derrière les chiffres se cachent des milliers de projets familiaux suspendus à une décision individuelle. Pour les spécialistes, chaque don compte, et pourrait bien faire la différence entre l’attente et la naissance tant espérée.

Partager