Pas de diagnostic fiable sans imagerie adaptée. Et pas de bon usage sans recommandations claires. La Haute Autorité de santé (HAS) vient de tracer les contours d’une stratégie diagnostique plus homogène pour l’endométriose, pathologie qui touche plus de deux millions de femmes en France et reste encore trop souvent mal détectée. En ligne de mire : l’usage des radios, échographies et IRM, mais aussi la manière de les prescrire, les réaliser, et surtout, d’accompagner les patientes. Première étape : l’examen clinique, qui peut être mené par un généraliste ou une sage-femme. Si des signes sont présents, une échographie endovaginale de première ligne est recommandée. Mais l’outil a ses limites, notamment pour certaines formes de la maladie. En cas de doute, la HAS préconise de recourir à une IRM pelvienne, réalisée par un binôme gynécologue-radiologue, voire de combiner IRM et échographie selon les situations.
Une imagerie adaptée à chaque étape du parcours
Lorsque l’opération devient une option, le diagnostic par l’image passe à la vitesse supérieure : IRM de cartographie, échoendoscopie rectale (EER), coloscanner ou entéro IRM. Objectif : localiser précisément les lésions, évaluer les risques opératoires, et définir la stratégie chirurgicale la plus adaptée. L’EER, plus invasive, reste un recours en cas de discordance entre les autres examens. Un test salivaire, encore en cours d’évaluation, pourrait prochainement enrichir l’arsenal de dépistage, notamment chez les patientes symptomatiques dont l’imagerie reste négative. Pour l’heure, il n’est pas intégré aux recommandations.
Au-delà des images, l’écoute et le respect des patientes
L’autre pilier souligné par la HAS, c’est le comportement du praticien. Le “savoir-être” devient une exigence. L’examen doit être expliqué, l’intimité respectée, l’anxiété prise en compte. Une attention particulière est également demandée face à d’éventuelles violences sexuelles, souvent tues. Uniformiser les protocoles, affiner le diagnostic, et humaniser la relation de soin : c’est tout l’enjeu de ces nouvelles recommandations, dans un pays où trop de femmes attendent encore des années pour mettre un nom sur leurs douleurs.