Une nouvelle affaire de contamination médicamenteuse secoue l’Inde, alors que des enquêtes réglementaires révèlent d’importantes défaillances dans la chaîne de fabrication d’un sirop contre la toux lié à la mort de plusieurs enfants. Selon les premiers éléments recueillis par Reuters, des irrégularités dans la manipulation du propylène glycol – un composant essentiel de nombreux sirops – pourraient avoir entraîné la présence de substances toxiques dans des lots distribués à grande échelle.
Les autorités de réglementation indiennes examinent notamment la manière dont le propylène glycol a été transféré depuis un fournisseur vers le fabricant pharmaceutique Sresan, responsable du sirop Coldrif, au cœur du scandale. Le fournisseur a déclaré avoir livré le produit chimique dans des conteneurs non scellés, une pratique qui enfreint les normes de sécurité et ouvre la porte à des risques majeurs de contamination. Un père interrogé par Reuters a montré le flacon de Coldrif qu’il avait administré à son enfant d’un an, aujourd’hui décédé, soulignant l’ampleur de la tragédie humaine derrière ces manquements.
Des sources au sein du secteur affirment en outre que l’usine de Sresan n’a pas été inspectée depuis 2023, alors même que des infractions avaient déjà été relevées lors de précédents contrôles. L’absence de supervision régulière, pourtant indispensable pour garantir la conformité sanitaire, soulève de sérieuses questions sur l’efficacité du dispositif de surveillance pharmaceutique en Inde, l’un des plus grands producteurs mondiaux de médicaments génériques.
Cette affaire rappelle de précédents scandales impliquant des sirops et médicaments contaminés dans plusieurs pays, et met en lumière la vulnérabilité des systèmes de contrôle qualité dans un marché pharmaceutique extrêmement vaste et fragmenté. Pour les familles endeuillées, l’enquête représente une quête de vérité et de justice, alors que les régulateurs tentent désormais de déterminer comment de telles défaillances ont pu se produire et quelles responsabilités devront être assumées.
Les autorités indiennes promettent des mesures correctives, mais face au drame, de nombreuses voix réclament une réforme en profondeur de la surveillance pharmaceutique, afin d’éviter que d’autres enfants ne perdent la vie pour un simple sirop contre la toux.