Au cœur de l’Amazonie, des chercheurs brésiliens de l’institut de santé publique Fiocruz tentent d’établir un lien entre la pollution au mercure, causée par l’exploitation aurifère illégale, et l’augmentation des cas de handicaps et de troubles neurologiques chez les enfants autochtones.
Dans l’État du Pará où doit se tenir la COP30, des communautés comme celle des Munduruku signalent une inquiétante recrudescence d’anomalies congénitales. Les scientifiques soupçonnent que le mercure, largement utilisé pour séparer l’or des sédiments, se retrouve dans les cours d’eau, contaminant poissons et végétation, avant d’atteindre les populations locales par l’alimentation.
« Le lait maternel n’est plus fiable », déplore Alessandra Korap, une cheffe autochtone, décrivant la peur grandissante des femmes enceintes face à ce qu’elles appellent une “malédiction invisible”. Plusieurs prélèvements réalisés dans les villages montrent des taux de mercure dans le sang bien supérieurs aux normes établies par l’Organisation mondiale de la santé.
Le gouvernement brésilien, qui tente d’éradiquer l’orpaillage illégal, peine à contrôler les zones isolées où ces activités se multiplient. Les chercheurs de Fiocruz appellent à une action d’urgence, estimant que la contamination au mercure représente une crise sanitaire et environnementale majeure, dont les effets pourraient se faire sentir sur plusieurs générations.