Dans le Sud-Est, le mouvement a pris une ampleur comparable
Dans le Sud-Est, le mouvement a pris une ampleur comparable

L’allègement temporaire obtenu par les producteurs de fromages savoyards n’aura guère suffi à dissiper la crainte. Malgré l’annonce du déblocage de 200 tonnes de stock, le spectre de la dermatose nodulaire continue de planer sur les élevages alpins. En quelques jours, le nombre de foyers recensés est passé de 32 à 47, mettant en alerte non seulement la Savoie et la Haute-Savoie, mais aussi plusieurs départements voisins et même la Suisse romande. La campagne de vaccination, amorcée le 19 juillet, avance, mais l’immunisation complète prendra encore plusieurs semaines. D’ici là, les contaminations pourraient s’intensifier.

L’extension des foyers redessine la carte de la menace

Le 24 juillet, la visite de la ministre de l’Agriculture en Savoie semblait augurer d’un tournant. Son annonce de libérer la commercialisation des fromages bloqués avait été accueillie avec soulagement par les producteurs locaux. Mais dès le lendemain, huit nouveaux foyers venaient s’ajouter à ceux déjà identifiés, portant à 47 le nombre total de cas avérés. À la même date, la préfecture décidait de renforcer les mesures : dix communes basculaient en zone de protection, treize autres en zone de surveillance, tandis que le ministère ordonnait un renforcement des contrôles vétérinaires. Le virus, transmis par des insectes piqueurs, progresse rapidement et contraint les autorités à interdire le transport d’animaux, imposer le dépeuplement des élevages touchés et accélérer la vaccination. Mais cette dernière mettra vingt-et-un jours à produire ses effets, et chaque nouvelle infection d’ici là conduit à la perte du troupeau concerné.

Une crainte qui franchit les frontières

Alors que la Haute-Savoie concentre les nouvelles contaminations, des signaux d’alerte apparaissent dans le Jura, le Lot-et-Garonne et le Doubs. Des réunions d’information ont été organisées en urgence pour sensibiliser les éleveurs aux gestes de prévention. Dans le Jura comme dans le Doubs, les services vétérinaires mobilisent les exploitants pour limiter les risques de propagation. En Suisse, la réaction est tout aussi vive. À Genève, où l’on redoute l’arrivée de la maladie, une campagne de vaccination a démarré dès le 21 juillet, englobant buffles, bisons et bovins dans un rayon de 50 kilomètres autour de la frontière française. La tension est palpable jusqu’à Bernex, où l’une des responsables du syndicat bovin genevois affirme suivre quotidiennement l’évolution de la situation. La dermatose, qui a traversé l’Afrique du Nord, la Sardaigne et l’Italie avant de remonter vers la France, laisse planer une incertitude persistante. Et malgré les campagnes de prévention et les mesures sanitaires drastiques, la peur reste profondément ancrée dans le monde agricole.

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