Jeudi dernier, un garçon de 5 ans est décédé des suites d’une crise d’épilepsie après avoir ingéré un comprimé de paracétamol de 500 mg, périmé depuis 2020. Le médicament, d’origine étrangère, lui a été administré malgré la date de péremption largement dépassée. L’enfant avait été admis à l’hôpital de Songo-La Maya, dans le sud-est de Cuba, mardi 2 septembre. Il est mort deux jours plus tard. Un garçon de 11 ans, vivant dans le même foyer, a consommé le même comprimé et a été hospitalisé avec des symptômes similaires, mais son état est désormais jugé « stable ».
Une crise structurelle accentuée par la pauvreté
Le ministère de la Santé publique cubain a ouvert une enquête pour élucider ce drame, qui illustre davantage un système de santé en crise qu’un simple accident domestique. Selon des sources locales, la famille n’aurait pas eu les moyens d’accéder à des médicaments en bon état, se tournant vers un produit périmé faute d’alternatives fiables.
Un système de santé aux abois
La tragédie survient sur fond d’effondrement sanitaire à Cuba. En juillet, le ministre de la Santé, José Ángel Portal Miranda, a reconnu que seulement 30 % des médicaments essentiels étaient disponibles, un chiffre alarmant dans un pays réputé pour son système de santé universel.
Dans un contexte plus large, plus de 70 % des médicaments de base sont en rupture, selon des données rapportées en 2024 : 461 des 651 médicaments figurant sur la liste des produits essentiels sont indisponibles ou très difficilement accessibles.
Face à ces pénuries chroniques, le président Miguel Díaz-Canel a admis que la majorité des médicaments manquent à l’appel, une situation aggravée par les sanctions économiques et les difficultés logistiques.
Les sanctions et l’embargo, obstacles majeurs
Les restrictions imposées par les États-Unis continuent de pénaliser Cuba en matière de santé. Le pays souffre d’importantes limitations d’accès aux médicaments et aux équipements médicaux en raison de l’embargo, ainsi que du refus de nombreuses entreprises pharmaceutiques de commercer avec l’île par crainte de représailles.
Recul du modèle médical cubain
Ce drame est révélateur d’un système affaibli. En plus des pénuries de médicaments, les infrastructures sanitaires sont dégradées, les personnels partent, et les hôpitaux manquent de matériel et de fournitures essentielles. Certains citoyens dénoncent que l’État, censé garantir la santé comme un droit fondamental, n’en assume plus la responsabilité, les forçant à recourir au marché noir, souvent dangereux et coûteux.