CHU de Caen : aux urgences, les soignants lancent un nouveau cri d’alarme
CHU de Caen : aux urgences, les soignants lancent un nouveau cri d’alarme

La tension est devenue chronique aux urgences du CHU de Caen. Fin juin, lors de la fête de la musique, la situation a une nouvelle fois dégénéré. En cause : un service sous-effectif, débordé, désorganisé. Des soignants à bout de forces ont été contraints d’interrompre leur service. Certains, après une nuit éprouvante, se sont rendus à la médecine du travail. Sept d’entre eux ont relaté en détail leurs conditions de travail, alimentant un dossier déjà fourni sur ce service à la dérive. Le problème ne date pas de l’été. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les équipes alertent sur une dégradation continue. Manque de personnel, turn-over constant, dysfonctionnements de coordination, absence de réponse structurelle. Chaque jour, un ou deux postes manquent à l’appel dans les différents secteurs. Les soignants ne savent jamais s’ils devront gérer 50 ou 80 patients. Résultat : des retards dans la prise en charge, des patients qui quittent les lieux sans être soignés, une frustration croissante.

Un système à bout de souffle, une direction absente

La direction de l’hôpital, elle, reste silencieuse. Malgré les sollicitations répétées, elle n’a pas répondu à la presse. Les professionnels, eux, parlent d’un « point de rupture ». La surcharge de travail, selon une lettre collective, serait devenue insoutenable. Même les renforts annoncés après la crise de juin n’ont duré qu’une semaine, avant un retour au système dégradé. Des décisions jugées absurdes, comme un agent de sécurité présent seulement jusqu’à minuit, sont pointées du doigt par les urgentistes. L’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie reconnaît la gravité de la situation. Son directeur évoque une « reconstruction » du service, amorcée avec l’arrivée d’une nouvelle cheffe au printemps, mais rappelle que « cela ne se fait pas du jour au lendemain ». Une régulation préalable par le 15 a été relancée, et des projets à l’échelle régionale sont annoncés pour l’automne. En attendant, les soignants tiennent, parfois en grincant des dents, dans un système qu’ils disent désormais au bord de l’effondrement. Le SOS géant affiché sur la façade du CHU en 2019 n’a jamais été aussi actuel.

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