L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé, mardi 22 juillet, un avertissement pressant concernant la menace croissante du virus chikungunya, transmis par les moustiques. L’agence onusienne redoute un retour de l’épidémie à l’échelle mondiale, semblable à celle survenue il y a vingt ans, alors que de nouvelles flambées émergent, notamment depuis la région de l’océan Indien, avec des cas signalés jusqu’en Europe et sur d’autres continents.
Selon l’OMS, quelque 5,6 milliards de personnes vivent actuellement dans des zones réparties sur 119 pays où le virus est potentiellement actif. Le chikungunya, dont le nom signifie « celui qui se recroqueville » dans une langue d’Afrique de l’Est en référence aux douleurs articulaires aiguës qu’il provoque, peut entraîner une forte fièvre, des courbatures sévères et, dans certains cas, des séquelles durables invalidantes.
La recrudescence actuelle serait en partie alimentée par le réchauffement climatique, qui étend l’aire de répartition du moustique vecteur Aedes aegypti. Ces insectes, historiquement confinés aux régions tropicales, prolifèrent désormais dans des zones tempérées, facilitant ainsi la transmission du virus dans des régions jusque-là épargnées.
L’OMS appelle les autorités sanitaires du monde entier à renforcer leur surveillance épidémiologique, à intensifier les campagnes de sensibilisation et à mettre en œuvre des mesures de lutte contre les moustiques. L’organisation souligne l’importance de l’assainissement des eaux stagnantes, la protection individuelle contre les piqûres et le suivi rigoureux des cas suspects.
L’agence des Nations unies insiste également sur l’urgence de développer et de distribuer un vaccin efficace contre le chikungunya. Bien que plusieurs candidats soient à l’étude, aucun vaccin n’est encore disponible à grande échelle pour prévenir l’infection, laissant des milliards de personnes vulnérables.
Alors que les déplacements internationaux et le changement climatique modifient la dynamique de propagation des maladies vectorielles, l’OMS avertit que le chikungunya pourrait devenir une menace de santé publique majeure si des mesures immédiates ne sont pas prises.