À la veille de la visite présidentielle dans l’océan Indien, les autorités hospitalières de La Réunion tirent la sonnette d’alarme. Dimanche 20 avril, le directeur général du CHU de l’île a demandé l’envoi de renforts médicaux en urgence, alors que le pic de l’épidémie de chikungunya frappe de plein fouet la population. Avec une fréquentation quotidienne des urgences par 30 à 40 patients atteints de chikungunya, les capacités du CHU sont largement dépassées. Le taux d’occupation en médecine et en chirurgie atteint désormais 95 %, et les lits disponibles sont insuffisants pour faire face à la demande.
Services saturés et plan blanc activé
Le CHU fait état d’une hausse de 12 % de l’activité aux urgences en un mois, dans un contexte où six décès liés à la maladie ont déjà été recensés. Le plan blanc a été activé début avril, permettant de déprogrammer certaines opérations et de rappeler des soignants en congé. Trois médecins de la réserve sanitaire sont déjà venus en renfort, mais six supplémentaires ont été demandés à l’échelon national. Alors qu’Emmanuel Macron est attendu à La Réunion dans le cadre d’un déplacement de cinq jours dans l’océan Indien, les autorités hospitalières espèrent une réponse rapide du gouvernement face à cette situation critique. Plus de 100 000 personnes pourraient avoir été infectées par le virus sur l’île depuis le début de l’année.