Chlorates dans l’eau potable : alerte sanitaire pour les jeunes enfants dans 32 communes de Haute-Garonne
Chlorates dans l’eau potable : alerte sanitaire pour les jeunes enfants dans 32 communes de Haute-Garonne

Boire l’eau du robinet reste possible, mais elle n’est plus totalement conforme. C’est le message paradoxal diffusé ce jeudi 17 juillet par l’agglomération de La Rochelle, après la détection d’un produit phytosanitaire dans le fleuve de la Charente. Le pesticide concerné, le fosétyl, est un antifongique couramment utilisé sur la vigne contre le mildiou. Il a été retrouvé à un niveau légèrement supérieur à la norme réglementaire de qualité. Le seuil autorisé est fixé à 0,1 microgramme par litre. Les dernières analyses ont révélé un taux de 0,11 microgramme, ce qui place l’eau dans la catégorie des eaux « non conformes ». Toutefois, le niveau reste très éloigné du seuil de potabilité défini par l’ANSES, qui est de 9 000 microgrammes par litre pour cette molécule. Résultat : l’eau est techniquement buvable, mais pas dans les clous des normes de qualité habituelles.

Une pollution récurrente, une réponse locale musclée

Ce dépassement, minime mais symbolique, s’ajoute à une série d’épisodes similaires enregistrés dans la région ces dernières années. L’usine de potabilisation de Coulonge, qui alimente en eau une grande partie de l’agglomération rochelaise, est directement concernée. L’agglomération rappelle que le fosétyl est surveillé depuis 2021 et assure mettre en œuvre des « moyens colossaux » pour préserver la qualité de l’eau potable. Un plan d’actions a d’ailleurs été examiné début juillet. L’enjeu dépasse la simple conformité réglementaire. Comme ailleurs en France, les résidus de produits phytosanitaires issus de l’agriculture, notamment viticole, interrogent sur la durabilité du modèle actuel. Si l’eau reste consommable en l’état, ces dépassements répétés soulignent les limites d’un système de surveillance réactif, plus que préventif. Les autorités sanitaires et la collectivité appellent à la vigilance, sans alarmer. Mais l’accumulation de « micro-dérapages » chimiques dans les ressources hydriques soulève un malaise de fond : celui d’une pollution diffuse, difficile à éradiquer, mais de plus en plus perceptible dans le quotidien des usagers.

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