Cadmium : les dépistages bientôt remboursés aussi hors hôpitaux
Cadmium : les dépistages bientôt remboursés aussi hors hôpitaux

Après l’alerte lancée début juin sur une contamination croissante au cadmium, notamment chez les jeunes enfants, le gouvernement a annoncé une prise en charge renforcée des tests médicaux. À compter de l’automne, les dépistages seront remboursés non seulement à l’hôpital, ce qui est déjà le cas, mais aussi en médecine de ville. Cette mesure vise à faciliter l’accès à ces examens pour les personnes à risque.

Une contamination largement répandue

Le cadmium, métal lourd classé cancérogène et toxique pour la reproduction, est omniprésent dans l’environnement. Selon les Unions régionales des professionnels de santé (URPS), les enfants seraient particulièrement touchés par une exposition chronique, principalement via l’alimentation. En cause, l’épandage régulier d’engrais phosphatés contenant du cadmium, qui contamine les sols et donc les produits agricoles. Face à cette alerte, le ministre de la Santé Yannick Neuder a précisé que les modalités de remboursement en médecine libérale seront définies d’ici la fin de l’année, en lien avec les professionnels de santé. Les critères d’éligibilité au test feront également l’objet d’un encadrement, afin de cibler prioritairement les populations les plus exposées.

Une réponse sanitaire et réglementaire en préparation

Parallèlement, une vaste enquête de santé publique baptisée « Albane » vient d’être lancée. Elle permettra de mesurer l’impact de divers polluants — cadmium, phtalates, bisphénols ou pesticides — sur la population française. Les résultats viendront enrichir les données jusqu’ici parcellaires sur les effets cumulés de ces substances. Sur le plan réglementaire, le gouvernement entend également agir sur les sources d’exposition. Le ministre de la Santé a indiqué qu’il se montrerait « particulièrement vigilant » quant à l’arrêté attendu du ministère de l’Agriculture, qui devra encadrer la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés. Plusieurs pays européens ont déjà pris des mesures restrictives dans ce domaine. Enfin, le projet de loi visant à mettre en place un registre national des cancers (adopté par le Sénat en 2023) figure désormais à l’ordre du jour de l’Assemblée. Ce registre pourrait permettre, à terme, de mieux documenter les liens entre cancers et exposition environnementale, dans un pays où les données existantes ne couvrent qu’un quart de la population.

Partager