Arrêts maladie : la Sécurité sociale serre la vis face aux prescripteurs trop généreux
Arrêts maladie : la Sécurité sociale serre la vis face aux prescripteurs trop généreux

La rentrée s’accompagne d’un rappel à l’ordre pour une poignée de médecins dans le viseur de la Caisse nationale d’assurance maladie. Dès ce 1er septembre, 500 généralistes recevront un courrier peu amène leur demandant des comptes sur leurs pratiques. Leur tort : délivrer des arrêts maladie en série, parfois quatre fois plus que la moyenne de leurs confrères. L’opération vise une minorité, à peine 1 à 2 % des praticiens, mais elle en dit long sur la volonté de la Sécu de reprendre la main sur une facture qui enfle à toute vitesse.

Des prescriptions à réduire de 20 %

Le dispositif ne se contente pas d’agiter la menace symbolique. Les médecins ciblés devront réduire leurs arrêts de travail d’environ 20 % sur la période observée. L’objectif, martèle le directeur général de la Cnam Thomas Fatôme, n’est pas de priver les patients d’un droit légitime mais de contenir les abus. Les arrêts injustifiés pèsent lourd : près de 16 milliards d’euros par an, avec une progression d’un milliard supplémentaire chaque année. Derrière ces chiffres, les autorités de santé rappellent que la dépense n’est pas toujours expliquée par des facteurs démographiques ou économiques.

Un chantier structurel en arrière-plan

La campagne actuelle n’est qu’un levier parmi d’autres. Dans son rapport transmis au Parlement cet été, la Cnam suggère de limiter la durée des arrêts prescrits et d’adapter le niveau de cotisation des entreprises selon leur taux d’absentéisme. Autrement dit, la responsabilisation des employeurs pourrait compléter la pression exercée sur les médecins. Fatôme plaide ainsi pour une action immédiate, mais aussi pour des réformes de fond capables d’infléchir la courbe sur le long terme. Reste que la méthode choisie fait grincer des dents. Les syndicats médicaux redoutent une campagne plus politique qu’efficace, et certains économistes dénoncent un coup de communication destiné à afficher de la fermeté. Les prochains mois diront si la mise sous surveillance des médecins réputés trop généreux suffira à freiner la mécanique inflationniste des arrêts maladie ou si, comme souvent, les vraies économies se trouveront ailleurs.

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