Une étude internationale publiée dans The Lancet Psychiatry vient apporter un éclairage nouveau sur les traitements médicamenteux du TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Menée notamment par le CHU de Toulouse, elle conclut que ces traitements présentent des effets secondaires cardiovasculaires très faibles, bien moindres que les bénéfices constatés.
Un risque cardiovasculaire faible, des bénéfices nets
Longtemps critiqués pour leurs effets indésirables, les médicaments psychotropes utilisés contre le TDAH semblent finalement poser peu de risques à court terme, selon cette méta-analyse de 102 essais cliniques regroupant plus de 22 000 participants. L’étude rapporte une légère augmentation de la tension artérielle et du rythme cardiaque, sans autre conséquence cardiaque grave. « Ces résultats corroborent d’autres études et suggèrent que les avantages de ces traitements l’emportent sur les risques », explique le CHU de Toulouse. Les chercheurs Samuele Cortese (Université de Southampton) et Alexis Revet (CHU de Toulouse) précisent que ces médicaments contribuent à réduire les risques de mortalité, d’échec scolaire ou encore de troubles addictifs. « L’absence de traitement peut avoir des conséquences lourdes : comorbidités psychiatriques, échecs scolaires, conduites à risque », alerte Alexis Revet sur France Inter.
Surveillance et accompagnement, les piliers du traitement
Bien que rassurants, ces résultats ne signifient pas qu’une vigilance est inutile. Les chercheurs recommandent une surveillance régulière de la tension et du pouls, en particulier avant la mise sous traitement et lors des changements de dosage, ainsi qu’un suivi biannuel lorsque c’est possible. Les scientifiques insistent enfin sur le fait que les médicaments ne sont pas une solution miracle : un accompagnement personnalisé, mêlant psychoéducation et soutien familial, reste indispensable pour améliorer durablement la qualité de vie des enfants et adolescents concernés. Une médecine de précision, encore à développer, pourrait permettre d’identifier à l’avenir les patients les plus sensibles aux effets secondaires.