Santé mentale : un plan sans financement pour une cause nationale
Santé mentale : un plan sans financement pour une cause nationale

Annoncé ce mercredi soir par le ministre délégué Yannick Neuder, le nouveau Plan santé mentale devait marquer un tournant. Il arrive pourtant sans moyens, ni calendrier concret, alors même que 2025 avait été proclamée Grande cause nationale pour la santé mentale. Le drame de Nogent, survenu en juin, a ravivé l’urgence, mais n’a pas modifié l’approche : pas de budget immédiat, ni pour les structures saturées, ni pour les recrutements. Trois axes sont posés : repérer, soigner et reconstruire. La détection précoce devient la priorité, notamment dans les établissements scolaires. Deux personnels par école ou collège seront formés via des modules en ligne. Des kits de vigilance seront distribués aux enseignants, tandis que les étudiants en santé seront mobilisés pour développer les compétences psychosociales des élèves.

Peu de renforts, des annonces déconnectées des réalités

Côté soins, pas d’argent pour les centres médico-psychologiques, mais un soutien réservé aux structures proposant des consultations sans rendez-vous. Chaque maison de santé devra désigner un « infirmier référent en santé mentale ». Les SAS psychiatriques, outils d’orientation téléphonique peu déployés, seront renforcés. La reconstruction du secteur, troisième pilier du plan, mise sur la formation : stage pratique obligatoire en psychiatrie pour les étudiants en médecine, et objectif de 600 internes par an d’ici 2027. Mais en 2024, plus d’un poste sur dix n’a pas été pourvu. Le doublement annoncé du nombre de psychologues dans le dispositif « Mon soutien psy » semble, lui, hors de portée à court terme. Sans enveloppe budgétaire, ce plan repose essentiellement sur des ajustements, des incitations et des intentions. Un cadre sans leviers concrets, alors que la demande explose dans tous les territoires.

Partager