La thérapie par SMS rivalise avec la visio pour soigner la dépression
La thérapie par SMS rivalise avec la visio pour soigner la dépression

Une étude publiée dans la revue JAMA Network Open bouleverse les codes de la santé mentale. Selon cet essai clinique mené auprès de 850 adultes atteints de dépression légère à modérée, la thérapie par SMS obtient des résultats comparables à ceux des séances vidéo hebdomadaires. Une découverte qui pourrait transformer l’accès aux soins psychologiques, souvent freinés par le coût, la logistique ou la stigmatisation. Pendant douze semaines, deux groupes ont été suivis : le premier participait à des séances de psychothérapie par visioconférence, le second échangeait librement avec un thérapeute par messages ou courriels. À la fin de l’expérience, les deux groupes ont signalé la même amélioration de leurs symptômes. Les chercheurs, parmi lesquels la docteure Patricia A. Areán de l’université de Washington, ont déclaré avoir été « agréablement surpris » par la performance du suivi textuel, précisant qu’aucune différence significative n’avait été observée entre les deux approches.

Une alternative plus accessible aux rendez-vous traditionnels

Cette forme de thérapie, popularisée par les plateformes comme BetterHelp ou Talkspace, s’est imposée ces dernières années comme une solution souple, discrète et abordable. Les patients peuvent échanger à tout moment, souvent entre deux obligations, sans la contrainte d’un rendez-vous formel. Pour les personnes vivant dans des zones peu desservies ou ayant du mal à se confier en face-à-face, cette méthode représente une porte d’entrée vers le soin psychologique. Selon la docteure Areán, ces résultats pourraient inciter les compagnies d’assurance à rembourser la thérapie par messagerie, encore trop souvent exclue des dispositifs de prise en charge. « Ils savaient qu’ils avaient besoin de données », a-t-elle expliqué à propos de Talkspace, qui a initié la collaboration avec l’équipe de recherche. Si les assureurs reconnaissaient l’efficacité de cette approche, l’accès à la santé mentale pourrait être considérablement élargi.

Des limites, mais un potentiel évident

Les spécialistes restent toutefois prudents. La docteure Jane M. Zhu, de l’Oregon Health & Science University, juge ces résultats « encourageants » mais rappelle que l’étude excluait les patients à haut risque, notamment ceux souffrant de psychose ou d’idées suicidaires. D’autres chercheurs soulignent que la qualité du lien avec le thérapeute semble légèrement meilleure lors des séances vidéo, jugées plus chaleureuses. Malgré cela, les participants à la thérapie par SMS se sont montrés plus assidus, abandonnant moins souvent le suivi que ceux des séances visuelles. Pour le professeur Mark Olfson, de l’université Columbia, les patients atteints de dépression légère « pourraient raisonnablement se voir offrir un choix » entre les deux modalités. La docteure Areán reconnaît que cette méthode soulève encore des questions : comment maintenir une véritable alliance thérapeutique quand le visage du patient reste invisible ? Comment interpréter ses silences ? Autant de pistes de recherche à explorer. Mais une chose semble acquise : dans le monde post-pandémie, où les consultations à distance sont devenues la norme, la thérapie par SMS vient de gagner une légitimité scientifique que beaucoup n’osaient pas lui prêter.

Que retenir rapidement ?

Une étude publiée dans la revue JAMA Network Open bouleverse les codes de la santé mentale. Selon cet essai clinique mené auprès de 850 adultes atteints de

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