Le baromètre 2025 de Malakoff Humanis dresse un constat préoccupant : en 2024, près d’un jeune actif sur deux a été arrêté au moins une fois pour raison de santé. Un chiffre qui dépasse de sept points la moyenne des salariés, traduisant un malaise croissant au travail chez les moins de 30 ans. La maladie ordinaire reste le premier motif d’arrêt, mais les troubles psychologiques s’imposent en deuxième position chez les jeunes salariés. En forte hausse depuis 2019, ils concernent désormais 22 % des arrêts dans cette tranche d’âge. Stress, épuisement professionnel, pratiques managériales exigeantes : les jeunes décrivent une entrée dans la vie active marquée par la pression et le manque de reconnaissance. Deux tiers d’entre eux estiment que leur emploi est source de stress, contre 54 % pour l’ensemble des salariés, et plus d’un sur deux se dit épuisé. L’étude souligne également une évolution dans le rapport à la santé mentale. Les jeunes n’hésitent plus à solliciter leur médecin : 27 % d’entre eux ont demandé un arrêt, souvent pour des raisons psychologiques, une progression de 11 points depuis 2019.
Le télétravail, entre confort et isolement
Autre paradoxe : alors que le télétravail reste plébiscité par les jeunes (37 % y ont recours, contre 23 % en 2020), il est aussi à l’origine d’un isolement croissant. Près d’un quart des jeunes télétravailleurs déclarent en souffrir, soit bien plus que leurs aînés. Ce ressenti témoigne de la difficulté à maintenir des liens sociaux dans un environnement de travail de plus en plus dématérialisé. Les jeunes actifs restent pourtant fortement attachés à leur emploi et à l’ambiance de travail : 79 % saluent une bonne entente avec leurs collègues. Mais ils appellent à des réformes concrètes : réorganisation de la charge de travail, horaires plus souples, meilleure reconnaissance, suivi médical renforcé. Autant de leviers que les entreprises devront actionner si elles veulent enrayer l’absentéisme croissant dans leurs équipes les plus jeunes.