Le Cambridge Dictionary intègre « skibidi » et « tradwife » parmi 6 000 nouveaux mots
Le Cambridge Dictionary intègre « skibidi » et « tradwife » parmi 6 000 nouveaux mots

Le Cambridge Dictionary a annoncé l’ajout de plus de 6 000 nouveaux termes cette année, dont plusieurs issus directement de la culture internet et des réseaux sociaux. Parmi eux, « skibidi », un mot inventé par un créateur de vidéos sur YouTube et popularisé sur TikTok, qui peut signifier « cool », « mauvais », ou n’avoir aucun sens particulier, utilisé simplement pour la plaisanterie.

« La culture numérique transforme la langue anglaise, et il est fascinant d’observer et de consigner cet effet dans le dictionnaire », a expliqué Colin McIntosh, responsable des programmes lexicaux du Cambridge Dictionary, considéré comme le plus grand dictionnaire en ligne au monde.

Outre « skibidi », d’autres ajouts reflètent des tendances sociales. « Tradwife », contraction de « traditional wife », désigne une épouse et mère qui cuisine, fait le ménage et documente son quotidien sur les réseaux sociaux. Le terme « delulu », abréviation de « delusional », est utilisé pour qualifier une personne qui croit à des choses irréelles, souvent par choix.

Selon Christian Ilbury, maître de conférences en sociolinguistique à l’Université d’Édimbourg, nombre de ces mots sont étroitement liés aux plateformes comme TikTok, où s’expriment aujourd’hui majoritairement les jeunes générations. Il souligne toutefois que certains termes, comme « delulu », circulaient déjà dans certaines communautés linguistiques bien avant leur médiatisation en ligne.

La pandémie et la généralisation du télétravail ont également inspiré l’entrée de « mouse jiggler », un logiciel ou un dispositif qui simule une activité sur ordinateur pour faire croire à une présence au travail. Sur le plan environnemental, le dictionnaire a retenu l’expression « forever chemical », pour désigner des substances toxiques persistantes dans l’écosystème.

Ces sélections s’appuient sur le Cambridge English Corpus, une base de données de plus de deux milliards de mots oraux et écrits permettant de suivre l’évolution de l’usage en contexte. « Un dictionnaire est avant tout un témoin public de l’usage réel de la langue », rappelle Ilbury. « Si les gens emploient désormais des mots comme ‘skibidi’ ou ‘delulu’, alors il est légitime qu’ils figurent dans ses pages. »

McIntosh précise toutefois que seuls les termes jugés suffisamment durables sont retenus : « Nous n’ajoutons que les mots dont nous pensons qu’ils ont un véritable potentiel de longévité. »

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