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Barbara Lefebvre de retour sur RMC en mai : les syndicats en colère

Condamnée en première instance à 1.000 euros d’amende pour des propos tenus à l’antenne en avril 2024 au sujet des gens du voyage, Barbara Lefebvre a été temporairement écartée de l’antenne de RMC. La direction a toutefois annoncé son retour dans Les Grandes Gueules dès le mois de mai, une décision qui suscite une vive contestation au sein de la radio.

Une suspension de courte durée avant une réapparition annoncée

Dans un communiqué, RMC a fait savoir que Barbara Lefebvre était suspendue de l’antenne pour quelques jours seulement. La station a en parallèle confirmé que la chroniqueuse, qui a décidé de faire appel de sa condamnation, reviendrait à l’antenne « au mois de mai ».

Cette décision fait suite au jugement rendu le 15 avril par le tribunal de Paris. Barbara Lefebvre a été condamnée en première instance à 1.000 euros d’amende pour des propos tenus sur RMC en avril 2024 concernant les gens du voyage.

La SDJ de RMC monte au créneau

L’annonce de ce retour a provoqué une réaction immédiate de la Société des journalistes de RMC. Dans un communiqué publié sur X, le syndicat affirme que « le racisme n’a (toujours) pas sa place dans le débat public ».

Le texte poursuit : « Nous, SDJ de RMC, avons appris avec effarement que Barbara Lefebvre, condamnée en première instance par le tribunal de Paris le 15 avril pour injures raciales, reviendra à l’antenne de RMC « au mois de mai ». Cette réintégration nous paraît inacceptable au vu de la gravité des faits reprochés à Barbara Lefebvre, pour des propos tenus sur notre antenne ».

La SDJ rappelle également sa position exprimée dans un précédent communiqué : « Comme nous l’écrivions dans notre communiqué précédent, « si la direction décide de réintégrer Barbara Lefebvre malgré cette condamnation, c’est qu’elle ne voit pas de problème à ce que des propos haineux soient tenus sur les antennes par des collaborateurs » ».

Une réintégration jugée incompatible avec un débat apaisé

Le syndicat insiste aussi sur les conséquences éditoriales d’un tel retour à l’antenne. « Nous prenons acte que Barbara Lefebvre fait appel de cette décision du tribunal. Mais le maintien de cette chroniqueuse à l’antenne dans l’attente du procès en appel ne peut garantir un cadre serein pour les débats qui se tiennent chaque jour dans l’émission Les Grandes Gueules », écrit encore la SDJ.

Dans la suite de son communiqué, elle défend la liberté du débat tout en fixant des limites claires : « Le débat d’idée est un principe essentiel de notre radio, mais ce débat d’idée doit se tenir dans le cadre républicain, et dans le respect des personnes. L’émission Les Grandes Gueules fait partie intégrante de RMC, mais se retrouve fragilisée par une chroniqueuse qui propage des discours de haine ».

La direction de RMC accusée de contradiction

La Société des journalistes estime par ailleurs que la position affichée par la direction n’est pas cohérente avec la mesure retenue. « La direction assure « son engagement dans la lutte contre toutes les formes de discrimination et condamne avec la plus grande fermeté tout propos de cette nature ». Une telle prise de position n’est pas compatible avec une suspension de quinze jours pour une chroniqueuse condamnée en première instance », affirme-t-elle.

Dans ce contexte, le syndicat renouvelle sa demande et « appelle, à nouveau, la direction à mettre fin à la collaboration qui lie Barbara Lefebvre à notre antenne, ou à la suspendre jusqu’au jugement définitif ».

Après la SDJ, la CGT avait déjà demandé son retrait de l’antenne

La contestation ne date pas de l’annonce de son retour en mai. La semaine précédente, après la condamnation de la chroniqueuse, la CGT RMC BFM – CMA Média avait déjà réclamé « son retrait des antennes ».

Le syndicat avait alors justifié sa position en ces termes : « Après sa condamnation pour injure raciale, il est temps que la direction de RMC BFM prenne ses responsabilités. Les propos racistes et la désinformation n’ont pas leur place à l’antenne ».

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