Inscrit aux monuments historiques depuis 1975 et propriété de la famille Bouglione depuis 1934, le Cirque d’hiver, boulevard du Temple à Paris, a entamé cet été un vaste chantier de restauration. L’édifice, conçu en 1852 par l’architecte Jacques Hittorff, est le dernier vestige de la grande période des cirques en dur construits au XIXe siècle pour un public passionné d’arts équestres. Ce qui devait n’être au départ qu’un simple remplacement des 1 600 fauteuils vieillissants s’est transformé en projet global après qu’un architecte, Stéphane Millet, a suggéré à la famille Bouglione de saisir l’occasion pour restaurer la salle entière. La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et la région Île-de-France apportent leur soutien financier à cette opération dont le coût total devrait s’élever à plusieurs millions d’euros.
Vingt fresques oubliées depuis les années 1950, redécouvertes sous des panneaux de bois
La grande surprise du chantier est la redécouverte en février 2026, dissimulées derrière plusieurs couches de toiles et de panneaux cloués depuis les années 1950, de vingt fresques ornementales disposées au-dessus des gradins. Signées des peintres Félix-Joseph Barrias (1822-1907) et Nicolas Gosse (1787-1878), elles représentent selon Stéphane Millet « une sorte de chronologie historique du rapport de l’homme avec le cheval », de l’Antiquité gréco-romaine au milieu du XIXe siècle. On y reconnaît notamment Philip Astley, écuyer anglais considéré comme le fondateur du cirque moderne, présentant sa cavalerie à Marie-Antoinette. Les fresques sont actuellement en mauvais état, froissées, trouées et ternies par le temps et l’humidité. Quatre ont disparu. Les seize restantes, d’un peu moins de six mètres de large sur près de deux mètres de hauteur, sont confiées à l’atelier de restauration Arcoa, spécialisé dans les peintures monumentales. Financée à hauteur de 600 000 euros, cette phase durera entre un an et dix-huit mois, avec un retour espéré à leur emplacement historique pour la rentrée 2027 ou 2028.
Un chantier prévu jusqu’en 2030 pour retrouver l’aspect d’origine de 1852
Les fresques ne sont que la première étape d’un programme de travaux étalé sur six à sept étés consécutifs, pour ne pas perturber la programmation annuelle du cirque. Vitraux, chapiteaux en stuc des colonnes et toile polychrome du plafond seront eux aussi progressivement rendus à leur état d’origine. L’objectif est que le Cirque d’hiver retrouve en 2030 son aspect de 1852, avec en prime une meilleure accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. « Tout cela va transformer l’esthétique du lieu. Rien qu’en une semaine, notre perception du bâtiment a totalement changé », confie Fabrice Bing, en charge de la production et de la communication, à Beaux Arts Magazine. La DRAC a par ailleurs demandé des recherches approfondies pour contextualiser la réalisation des fresques et retrouver des études et copies permettant d’entourer la restauration d’un appareil documentaire solide.
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