Le Prince Harry, Elton John et plusieurs autres plaignants ont perdu leur procès contre Associated Newspapers Limited, l’éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday. La Haute Cour de Londres a rejeté l’ensemble de leurs demandes, après une procédure centrée sur des accusations de collecte illégale d’informations, d’atteinte à la vie privée et d’utilisation présumée de méthodes illicites par des journalistes ou des enquêteurs privés.
Le duc de Sussex, Elton John, Elizabeth Hurley, Sadie Frost, Doreen Lawrence, David Furnish et Simon Hughes reprochaient au groupe de presse d’avoir obtenu des informations personnelles par des moyens interdits. Les plaignants visaient notamment des articles publiés sur une longue période, des années 1990 aux années 2010, et affirmaient que certaines informations n’avaient pu être obtenues que par des méthodes illégales.
Le juge estime que les preuves ne suffisent pas
Le juge Matthew Nicklin a considéré que les plaignants n’avaient pas réussi à prouver leurs accusations. Il a rejeté le raisonnement consistant à conclure à une collecte illégale simplement parce qu’une information était privée ou parce que le journal ne pouvait pas expliquer précisément l’origine de chaque élément publié. Dans sa décision, il écrit : « En substance, le dossier des plaignants invite la Cour à conclure que, parce que l’information était privée et parce qu’Associated ne peut pas expliquer positivement comment elle a été obtenue, l’article a forcément été alimenté illégalement. Ce n’est pas une approche admissible. »
La justice britannique a donc retenu qu’il existait, pour plusieurs articles contestés, une possibilité réaliste que les informations proviennent de canaux licites. Les journaux avaient défendu l’idée que leurs articles reposaient sur des sources légales, notamment des proches, des collaborateurs du palais, des attachés de presse ou des personnes en contact avec les personnalités concernées.
Des accusations lourdes contre le groupe de presse
Les plaignants accusaient Associated Newspapers d’avoir eu recours à des pratiques telles que l’interception de messages vocaux, le piratage de téléphones, l’écoute de lignes fixes, la tromperie pour obtenir des informations confidentielles ou encore l’utilisation d’enquêteurs privés. Ils affirmaient que ces pratiques avaient permis de nourrir des articles consacrés à leur vie personnelle, familiale ou médicale.
Associated Newspapers a toujours nié ces accusations. Le groupe a qualifié les allégations de gravement infondées et a défendu la légalité du travail de ses journalistes. La décision rendue mardi lui donne raison sur le plan judiciaire, puisque les demandes ont été rejetées dans leur intégralité. (Reuters)
Harry dénonce une décision injuste
Le Prince Harry n’a pas accepté le jugement. Dans un communiqué commun avec Doreen Lawrence, il a dénoncé une décision qu’il juge profondément injuste. Sa réaction est directe : « C’est un blanchiment complet et évident, mais malheureusement pas totalement inattendu. » Il ajoute que les efforts de la cour pour exonérer le Mail seraient, selon lui, « aussi choquants que totalement injustifiés ».
Cette défaite tranche avec d’autres procédures engagées par le duc de Sussex contre la presse britannique. Il avait déjà obtenu gain de cause contre l’éditeur du Daily Mirror dans une affaire de piratage téléphonique, puis conclu un accord avec le groupe de Rupert Murdoch dans un autre dossier lié à des intrusions dans sa vie privée. Cette fois, la Haute Cour a estimé que le niveau de preuve n’était pas atteint.
Une facture judiciaire potentiellement très lourde
Le procès a duré onze semaines et les frais de justice pourraient devenir un enjeu central. Associated Newspapers évalue le coût total de l’affaire à plus de 50 millions de livres sterling et entend demander le remboursement de ses frais. Une audience doit encore permettre de trancher les questions qui restent ouvertes après le jugement, notamment les conséquences financières de la décision.
Pour le Prince Harry, Elton John et les autres plaignants, la défaite est donc double : leurs accusations n’ont pas été retenues et ils pourraient être exposés à une note judiciaire considérable. Le dossier judiciaire contre l’éditeur du Daily Mail se referme, pour l’instant, sur un rejet de leurs demandes.
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