Neuf ans après le braquage de Kim Kardashian à Paris, la justice française a clôturé le procès. La cour d’assises de Paris a condamné les membres du gang surnommé les « papys braqueurs » à des peines allant jusqu’à huit ans de prison, tout en prononçant des mesures qui évitent un retour effectif en détention pour la plupart d’entre eux.
Des peines allégées et une confusion de peines pour le chef présumé
Aomar Aït Khedache, 69 ans, présenté comme le cerveau du braquage survenu dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, a écopé de huit ans de prison, dont trois ferme. Toutefois, la cour a décidé d’une confusion de peine avec une précédente condamnation à cinq ans de prison, déjà purgée, ce qui lui permet d’éviter un nouveau séjour derrière les barreaux. Les autres accusés, âgés de 61 à 76 ans, ont tous été condamnés à des peines modérées, nettement inférieures aux réquisitions de l’accusation, qui avait réclamé entre sept et dix ans de prison. Aucun ne retournera en détention.
Deux hommes, soupçonnés d’avoir agi comme taupes en fournissant des informations clés sur les déplacements de la star américaine, ont été acquittés. L’accusation n’a pas pu établir de preuves suffisantes contre eux.
Le braquage de 9 millions d’euros qui a choqué le monde
L’affaire avait fait le tour du monde : dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, Kim Kardashian, alors âgée de 35 ans, est séquestrée, ligotée, et dépouillée dans sa suite privée de l’hôtel de Pourtalès, dans le 8e arrondissement de Paris. Le butin, estimé à près de 9 millions d’euros, comprenait notamment une bague en diamant de 20 carats d’une valeur de 4 millions d’euros offerte par son mari d’alors, le rappeur Kanye West.
Les malfaiteurs, tous sexagénaires ou septuagénaires, avaient organisé le braquage avec minutie. Déguisés en policiers, ils avaient neutralisé le concierge de l’hôtel avant de s’introduire dans la chambre de la star. L’un des bijoux n’a jamais été retrouvé.
Des excuses des braqueurs et le pardon de Kim Kardashian
Aomar Aït Khedache, devenu sourd et quasi muet, a rédigé ses derniers mots dans un cahier, lus par son avocate Me Isabelle Coutant-Peyre. « Je demande pardon. Je n’arrive pas à trouver les mots. Je regrette beaucoup », y écrivait-il, demandant également « mille pardons » à son fils Harminy, impliqué dans l’opération en tant que conducteur.
Des excuses que Kim Kardashian a acceptées lors de son témoignage à la barre la semaine dernière. « Je vous pardonne », avait-elle déclaré avec émotion, ajoutant : « Ça ne change rien au traumatisme, mais je crois à la deuxième chance. » L’influenceuse et entrepreneuse, qui a étudié le droit ces six dernières années, a annoncé sur ses réseaux sociaux avoir obtenu son diplôme d’avocate, une étape qu’elle a dédiée aux victimes de crimes violents.
Kim Kardashian satisfaite
Dans un communiqué transmis par ses avocats, Kim Kardashian a déclaré être « satisfaite du verdict » et « profondément reconnaissante envers les autorités françaises d’avoir rendu justice dans cette affaire ». Elle a ajouté : « Ce crime a été l’expérience la plus terrifiante de ma vie. Aujourd’hui, je peux enfin tourner la page. »
Un procès qui soulève des questions sur la sécurité des stars
Si l’affaire Kardashian a longtemps nourri les tabloïds, le procès aura aussi permis d’interroger sur la vulnérabilité des personnalités publiques à l’ère des réseaux sociaux, où chaque déplacement peut devenir une information précieuse pour des criminels.
L’enquête avait révélé que le gang avait suivi les déplacements de la star via ses publications Instagram. Une prise de conscience amère pour Kardashian, qui a depuis changé radicalement ses pratiques numériques.