Le gouvernement envisage de réduire de 10 centimes le prix du paracétamol versé aux fabricants, une mesure qui permettrait de générer environ 30 millions d’euros d’économies annuelles pour la Sécurité sociale. Cette baisse concernerait notamment les boîtes de Doliprane, Efferalgan et Dafalgan, vendues actuellement 2,18 euros en pharmacie. Les patients ne seraient pas pénalisés financièrement, mais les laboratoires et les pharmaciens s’inquiètent des conséquences économiques de cette décision.
Une mesure qui inquiète les fabricants français
Les industriels dénoncent une mesure qui pourrait fragiliser les investissements engagés pour relocaliser la production de paracétamol en France. Les dirigeants des laboratoires concernés doivent rencontrer le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, dans les prochains jours afin d’évoquer ce dossier. Les pharmaciens craignent également une diminution de leurs marges sur un médicament parmi les plus vendus du pays, tandis que plusieurs élus du Lot-et-Garonne ont alerté le Premier ministre sur les risques pesant sur les 1 600 emplois du site d’Upsa.
L’inquiétude est d’autant plus forte que la France a engagé depuis plusieurs années un vaste projet de souveraineté pharmaceutique. Après les pénuries observées durant la crise sanitaire, Emmanuel Macron avait annoncé en 2020 la relocalisation de la production de paracétamol. Les groupes Opella et Upsa doivent ainsi fabriquer leurs médicaments à partir du principe actif produit par Seqens, en Isère, avec une commercialisation des premières boîtes prévue début 2027.
Un projet de relocalisation fragilisé
Au total, près de 140 millions d’euros ont été investis dans ce projet par les industriels et l’État, dont 70 millions d’euros de soutien public. Or produire le principe actif en France coûterait environ 60 % plus cher qu’en Asie, où sont aujourd’hui fabriqués la majorité des composants pharmaceutiques utilisés en Europe.
Pour plusieurs acteurs du secteur, une baisse du prix du paracétamol apparaît contradictoire avec l’objectif de réindustrialisation affiché par l’exécutif. Certains économistes estiment que ces investissements ne pourront être rentabilisés sans une valorisation du prix du médicament. Depuis 2020, le tarif du paracétamol est gelé dans le cadre d’un moratoire prolongé à plusieurs reprises, les industriels s’étant engagés en contrepartie à renforcer leurs capacités de production sur le territoire français.
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