La victoire du Rassemblement national à Montargis est annulée. Le tribunal administratif d’Orléans a invalidé ce jeudi 24 septembre l’élection municipale remportée en mars par Côme Dunis, estimant qu’une vidéo à caractère diffamatoire diffusée quelques jours avant le second tour avait pu altérer la sincérité du scrutin. Le RN avait conquis cette ville du Loiret avec seulement 59 voix d’avance sur la liste de gauche.
Au second tour, Côme Dunis avait obtenu 34,64 % des suffrages, devant le communiste Bruno Nottin à 33,10 % et le maire sortant divers droite Benoît Digeon à 32,26 %. Sur 7 383 électeurs inscrits, 3 825 avaient voté. Cet écart extrêmement faible a pesé dans l’appréciation du tribunal, qui rappelle qu’un message diffamatoire diffusé peu avant le vote peut influencer suffisamment d’électeurs pour modifier le résultat.
Une vidéo accusant Bruno Nottin de « faux en écriture publique »
Le recours avait été déposé par Bruno Nottin, tête de la liste « Ensemble pour le changement à Montargis ». Parmi plusieurs irrégularités invoquées, le tribunal en a retenu une : la diffusion, entre les deux tours, d’une vidéo accusant le candidat de gauche de « faux en écriture publique ». La juridiction estime que ces propos avaient un caractère diffamatoire et avaient été « largement diffusés », notamment par Côme Dunis.
Bruno Nottin, qui travaille comme greffier au tribunal de Montargis, avait dénoncé lors de l’audience une vidéo vue selon lui près de 24 000 fois. Pour la juridiction, l’association entre la portée de cette diffusion, sa proximité avec le scrutin et l’écart de seulement 59 voix justifie l’annulation de l’ensemble de l’élection.
Le tribunal n’a en revanche pas prononcé l’inéligibilité de Côme Dunis ni de Dominique Coquelle. Côme Dunis avait déjà démissionné de son mandat de maire début août pour raisons médicales et avait été remplacé par Dominique Coquelle, son ancien adjoint chargé de la sécurité.
Le Rassemblement national prévoit de contester la décision devant le Conseil d’État. Les parties et le préfet du Loiret disposent d’un mois pour faire appel. Si aucun recours n’est déposé, ou si le Conseil d’État confirme l’annulation, de nouvelles élections municipales devront être organisées dans un délai de trois mois.

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