Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi que Vladimir Poutine ne s’en prendra pas au territoire de l’Alliance atlantique, deux jours après une visite surprise du directeur de la CIA John Ratcliffe à Moscou. Le Kremlin et Bruxelles ont tenu des propos similaires, balayant les informations évoquant une menace russe imminente contre l’Europe.
« J’ai eu de bons échanges avec lui. Il ne va pas attaquer un territoire de l’OTAN », a déclaré Trump aux journalistes dans le Bureau ovale, jeudi 27 août. Ces mots font directement écho aux révélations du Wall Street Journal et de CBS News, qui présentaient la visite de Ratcliffe à Moscou comme une tentative de dissuader la Russie d’attaquer des membres de l’Alliance, sur fond d’analyses des services américains signalant que Moscou pourrait chercher à mettre l’OTAN à l’épreuve.
Interrogé sur le contenu précis des discussions menées par son directeur de la CIA, Trump a botté en touche : « Je ne veux pas commenter cela, mais ils ne vont pas attaquer. » Dans un entretien avec l’animateur radio conservateur Glenn Beck, il a minimisé la portée du déplacement, le qualifiant de « presque une visite de routine » portant principalement sur l’Ukraine, et rejetant les informations selon lesquelles Ratcliffe aurait abordé la question de l’OTAN ou la pression américaine sur l’Iran.
Du côté russe, le chef du renseignement extérieur Sergueï Narychkine a adopté le même ton. « Oui, la rencontre a bien eu lieu, mais il n’y a rien d’inhabituel », a-t-il déclaré à l’agence d’État Tass, décrivant les échanges comme « une affaire assez délicate et particulière » portant sur « un certain nombre de questions qui relèvent des services de renseignement ». Ratcliffe est l’un des responsables américains de plus haut rang à fouler le sol russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a, lui, qualifié de « récits alarmistes » les informations des médias américains sur une éventuelle offensive russe contre l’OTAN. « Bien sûr, ils n’ont rien à voir avec la réalité », a-t-il tranché lors de son point de presse quotidien. Sur l’Ukraine, il a indiqué que Moscou « préférerait atteindre ses objectifs par des moyens pacifiques », tout en poursuivant ce qu’il appelle « l’opération militaire spéciale ».
À Bruxelles, une haute responsable de l’Union européenne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé cette lecture : « Les services européens, de manière générale, ne voient aucun risque d’attaque de la Russie contre les pays européens, et cette évaluation n’a pas changé. » Elle a précisé ne disposer « d’aucune analyse laissant penser que quoi que ce soit est en préparation actuellement » contre des membres européens de l’Alliance.
Ces déclarations interviennent alors que la situation sur le terrain reste tendue. Moscou intensifie son offensive depuis l’été, avec un bilan civil en hausse, tandis que les pourparlers de paix sous l’égide américaine sont au point mort. La Russie a rejeté à plusieurs reprises les demandes ukrainiennes d’une rencontre directe entre Poutine et Zelensky, exigeant le retrait de Kiev du Donbass. De son côté, l’Ukraine multiplie les frappes de drones en représailles, infligeant selon Trump lui-même un coût croissant à l’économie russe. La guerre de drones rend désormais quasi impossible tout mouvement rapide de grande ampleur pour les deux camps, ancrant le conflit dans une logique d’usure après quatre ans et demi de guerre.
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