Une organisation indonésienne de défense des droits humains réclame l'arrêt d'une formation militaire après la mort de cinq participants
Une organisation indonésienne de défense des droits humains réclame l'arrêt d'une formation militaire après la mort de cinq participants

La Commission nationale indonésienne des droits de l’homme a appelé le gouvernement à suspendre la formation militaire de base imposée aux futurs gestionnaires du programme phare de coopératives villageoises du président Prabowo Subianto, après le décès de cinq participants survenu seulement dix jours après le début de la formation.

Lancé en juillet 2025, le programme des « Coopératives rouges et blanches » prévoit la création d’environ 80 000 coopératives à travers l’Indonésie afin de stimuler l’emploi, soutenir les économies locales et contribuer à l’objectif gouvernemental d’une croissance économique de 8 % d’ici 2029. Ces coopératives sont destinées à distribuer des produits de première nécessité, du gaz de cuisson subventionné et des engrais.

Dans ce cadre, près de 35 000 futurs gestionnaires suivent depuis le 14 juin une formation militaire de base de 45 jours, organisée dans plusieurs centres régionaux de l’armée et prévue jusqu’au 31 juillet.

La Commission des droits de l’homme estime toutefois que cette formation n’est pas adaptée à la mission des futurs responsables des coopératives.

« Nous recommandons au gouvernement de mettre fin à la formation militaire de base des futurs gestionnaires des programmes de coopératives et de villages de pêcheurs, car les coopératives sont des institutions économiques axées sur la gestion d’entreprise, les services aux membres et la gouvernance organisationnelle », a déclaré Pramono Ubaid Tantowi, responsable de la commission.

Le ministère indonésien de la Défense a confirmé samedi que cinq participants étaient décédés entre le 17 et le 26 juin. Selon les autorités, les causes des décès sont diverses : arrêt cardiaque, coup de chaleur, tuberculose et pneumonie.

Le général de division Ketut Gede Wetan, responsable du développement des ressources humaines au ministère de la Défense, a assuré que chaque participant avait subi un examen médical avant son admission et avait été déclaré apte.

Il a également affirmé que la formation ne comportait ni entraînement au combat ni exercices physiques particulièrement intensifs.

Face aux critiques, le ministère a annoncé une évaluation complète du programme. Celle-ci comprendra un meilleur suivi médical, un dépistage plus précoce des participants présentant des risques pour leur santé ainsi qu’une adaptation de l’intensité des activités. Le ministère de la Santé participera également au dispositif.

Pour la Commission des droits de l’homme, les futurs gestionnaires devraient avant tout être formés aux compétences de gestion, au leadership et aux connaissances financières.

« La formation militaire de base ne contribue pas directement à l’acquisition de ces compétences », a souligné Pramono.

L’organisme a également demandé au gouvernement d’ouvrir une enquête sur les cinq décès et a exhorté la police à ordonner des autopsies médico-légales afin d’établir avec précision les causes des décès et de déterminer si des responsabilités pénales pourraient être engagées.

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