Cagnotte pour les familles des policiers tués à Incarville : les zones d’ombre autour des 42.000 euros empochés par Jean Messiha
Cagnotte pour les familles des policiers tués à Incarville : les zones d’ombre autour des 42.000 euros empochés par Jean Messiha

L’homme politique Reconquête! est accusé d’avoir encaissé plus de 40.000 euros issus d’une cagnotte ouverte après la mort de deux agents pénitentiaires lors de l’évasion de Mohamed Amra. Jean Messiha conteste toute faute et met en cause GoFundMe, qui affirme que les fonds ont été transférés vers le compte bancaire désigné lors de la création de la collecte.

Une cagnotte lancée après le drame d’Incarville

Deux ans après l’attaque meurtrière du fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville, l’affaire connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Le 14 mai 2024, Fabrice Moello, 52 ans, et Arnaud Garcia, 34 ans, deux agents de l’administration pénitentiaire, avaient été tués par un commando armé lors de l’évasion de Mohamed Amra. Trois autres agents avaient été blessés dans cette attaque qui avait profondément choqué le pays. 

Dans les heures qui avaient suivi, Jean Messiha avait lancé une cagnotte en ligne sur GoFundMe afin de soutenir les familles des victimes. Sur la page de collecte, il assurait que les dons seraient « intégralement reversés aux familles des victimes ». La cagnotte affichait plus de 44.000 euros collectés auprès de plus de 2.000 donateurs. 

Les veuves affirment n’avoir rien reçu

Selon les informations révélées par Le Parisien, Sandrine Le Hay Moello, veuve de Fabrice Moello, a déposé plainte pour abus de confiance contre Jean Messiha. Elle l’accuse d’avoir encaissé environ 42.000 euros issus de cette cagnotte destinée aux familles endeuillées. 

Cette plainte a été déposée le 21 mai à Paris par l’intermédiaire de son avocat, Matthieu Chirez. La veuve d’Arnaud Garcia, Mary Garcia, a également décidé de s’associer à la procédure et a déposé plainte à son tour pour abus de confiance, selon son avocate Pauline Ragot. 

GoFundMe met en cause le paramétrage de la collecte

De son côté, GoFundMe affirme examiner le dossier « de manière approfondie ». La plateforme indique que Jean Messiha disposait déjà d’un compte bancaire vérifié, enregistré après de précédentes cagnottes, et qu’il se serait lui-même désigné comme bénéficiaire des versements lors de la création de cette collecte. Selon GoFundMe, ce paramétrage aurait conduit au transfert de l’intégralité des fonds vers son compte bancaire. 

La plateforme aurait identifié plusieurs virements validés vers les comptes bancaires de Jean Messiha entre mai 2024 et juin 2025, pour un total supérieur à 40.000 euros. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire afin de vérifier les faits. 

Jean Messiha dénonce une «erreur» et promet de rembourser

Jean Messiha conteste les accusations. Sur les réseaux sociaux, il affirme que GoFundMe aurait commis une « grave erreur » liée à des défaillances internes. Il soutient n’avoir jamais demandé à être bénéficiaire de cette cagnotte et assure que les sommes reçues seront reversées aux familles. 

L’homme politique affirme également ne pas s’être immédiatement aperçu de l’origine des virements, en raison de libellés bancaires qu’il jugeait peu clairs. Il explique avoir ouvert une autre cagnotte quelques mois plus tôt pour financer ses frais liés à ce qu’il appelle son « jihad judiciaire », et dit ne pas avoir réussi à identifier les bénéficiaires de la collecte destinée aux familles des agents, malgré des contacts avec des syndicats pénitentiaires. 

Son avocat, Gérald Pandelon, annonce qu’une plainte sera déposée contre GoFundMe. La défense de Jean Messiha dénonce par ailleurs une présentation médiatique qui le ferait apparaître comme coupable avant toute décision judiciaire, rappelant la présomption d’innocence. 

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