Les États-Unis ont élaboré un projet de résolution des Nations unies prévoyant la création d’une force internationale de stabilisation à Gaza pour une durée de deux ans, accompagnée d’une administration transitoire chargée de gouverner l’enclave palestinienne, selon un document consulté mardi par Reuters. Ce texte, encore en discussion et susceptible d’être amendé, a été partagé avec plusieurs pays, mais n’a pas encore été officiellement soumis aux 15 membres du Conseil de sécurité.
Le projet de résolution, d’une longueur de deux pages, s’inscrit dans la deuxième phase du plan en 20 points présenté par le président américain Donald Trump pour Gaza. Il prévoit la mise en place d’un « Conseil de la paix » chargé de superviser une Force internationale de stabilisation (FIS), autorisée à « utiliser toutes les mesures nécessaires » pour remplir son mandat — formulation qui, dans le langage diplomatique onusien, autorise le recours à la force.
Selon le texte, les forces de sécurité israéliennes resteraient déployées pour protéger les civils, encadrer l’aide humanitaire et garantir la sécurité des zones frontalières avec Israël et l’Égypte. Elles auraient également pour mission de « démilitariser les groupes armés non étatiques » et d’assurer un « désarmement permanent, si nécessaire ». Parallèlement, une nouvelle force de police palestinienne serait créée, formée et soutenue par Israël.
Ce dispositif s’inscrit dans le cadre plus large d’un cessez-le-feu conclu il y a un mois entre Israël et le Hamas, après deux années d’un conflit meurtrier. La première phase de cet accord avait permis la libération d’otages et l’arrêt des combats. La seconde, que cette résolution vise à entériner, viserait à retirer progressivement au Hamas tout contrôle sur Gaza et à instaurer un nouvel ordre sécuritaire sous supervision internationale.
L’administration Trump, tout en excluant l’envoi de soldats américains sur le terrain, a déjà entamé des discussions avec plusieurs pays susceptibles de contribuer à la force multinationale, parmi lesquels l’Indonésie, les Émirats arabes unis, l’Égypte, le Qatar, la Turquie et l’Azerbaïdjan. Toutefois, la participation éventuelle de troupes turques soulève des réticences, notamment du côté israélien.
Le texte appelle également la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales à soutenir la reconstruction de Gaza par la création d’un fonds fiduciaire dédié, géré par les pays donateurs. Reste à savoir quand Washington soumettra officiellement le projet au vote du Conseil de sécurité — un processus délicat, qui nécessitera au moins neuf voix favorables et l’absence de veto de l’un des cinq membres permanents, dont la Russie et la Chine.
Si elle était adoptée, cette initiative marquerait un tournant majeur dans la gestion du conflit israélo-palestinien, en plaçant pour la première fois depuis des décennies une mission internationale armée au cœur de la bande de Gaza. Mais de nombreuses incertitudes demeurent, notamment sur l’acceptation d’un tel plan par le Hamas et sur la volonté réelle des États arabes de s’impliquer militairement dans ce dispositif.