La Turquie a proposé de partager la présidence de la COP31 avec l’Australie, dans une tentative de débloquer l’impasse qui dure depuis 2022 autour du choix du pays hôte du sommet climatique de l’ONU prévu l’an prochain, ont indiqué dimanche des sources diplomatiques turques. Les discussions restent toutefois en suspens et aucun compromis n’a encore été trouvé.
Depuis trois ans, Ankara et Canberra sont toutes deux officiellement candidates pour organiser la conférence, sans que l’une n’accepte de se retirer. Cette rivalité monopolise l’attention à l’approche de la COP30, actuellement en cours à Belém, au Brésil, où une décision doit impérativement être prise pour éviter une paralysie des préparatifs.
Selon les sources turques, les deux pays ont exploré l’idée d’une présidence conjointe lors de rencontres à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Le modèle envisagé inclurait un partage des responsabilités diplomatiques, la co-direction des négociations et l’organisation partagée des réunions de haut niveau. Ces échanges ont permis d’établir une « base de compréhension mutuelle », mais les divergences persistent sur la manière d’intégrer une coprésidence dans les règles strictes de fonctionnement des COP.
L’Australie, qui affirme bénéficier d’un « soutien massif », souhaite organiser la COP31 avec les nations insulaires du Pacifique, afin de mettre en lumière les menaces existentielle que le réchauffement climatique fait peser sur ces États. Le Forum des îles du Pacifique soutient activement la candidature australienne.
La Turquie défend pour sa part une approche axée sur la coopération, l’inclusion et l’accès au financement climatique pour les pays en développement, tout en mettant en avant ses propres progrès vers la neutralité carbone à l’horizon 2053. Le président Recep Tayyip Erdoğan a réitéré cette vision dans un récent courrier adressé au Premier ministre australien Anthony Albanese, affirmant croire à la possibilité de « formules flexibles ».
Toutefois, Ankara maintient également qu’en l’absence d’accord, elle se tient prête à assumer seule la présidence et l’accueil de la COP31.
Le choix final revient au groupe régional « Europe occidentale et autres », qui doit se prononcer à l’unanimité parmi ses 28 membres, incluant l’Australie et la Turquie. L’enjeu est crucial : le pays hôte fixe l’agenda, pilote la diplomatie et joue un rôle central dans la conclusion des accords internationaux, au cœur d’une COP annoncée comme décisive pour la trajectoire climatique mondiale.