La police tanzanienne a annoncé vendredi que toute manifestation nationale prévue la semaine prochaine serait considérée comme illégale, une décision qui risque d’attiser de nouvelles tensions après les violences survenues lors des protestations contre les élections d’octobre. Cette mise en garde intervient alors que des groupes d’opposition et des militants civiques appellent à de nouveaux rassemblements pour dénoncer les résultats du scrutin et une répression qu’ils jugent de plus en plus sévère.
La présidente Samia Suluhu Hassan a été déclarée large gagnante de l’élection, mais l’exclusion de ses principaux rivaux a déclenché des manifestations marquées par des affrontements meurtriers et une forte mobilisation policière. Les militants affirment que ces évictions politiques s’inscrivent dans une stratégie plus globale visant à étouffer la dissidence et à consolider le pouvoir du parti au pouvoir.
Les autorités ont rappelé que la loi tanzanienne exige une autorisation préalable pour toute manifestation publique, et que les organisateurs n’avaient pas respecté cette procédure. En déclarant les rassemblements illégaux, la police a ouvert la voie à une réponse potentiellement musclée en cas de mobilisation, alimentant les craintes d’un nouvel épisode de violence.
Les événements récents, notamment les affrontements à Namanga après le scrutin, restent présents dans les esprits. Des unités antiémeutes avaient alors violemment réprimé les protestations liées à l’exclusion controversée des candidats de l’opposition. Les défenseurs des droits humains dénoncent une dérive autoritaire, tandis que le gouvernement affirme agir pour maintenir l’ordre et prévenir les troubles.
À l’approche du 9 décembre, la situation demeure volatile. Les leaders de l’opposition hésitent entre appeler à la retenue ou maintenir leur mobilisation, tandis que les citoyens redoutent une nouvelle escalade. Le climat politique tanzanien apparaît plus tendu que jamais, dans un pays longtemps présenté comme l’un des plus stables de la région.