Depuis ce mardi 27 mai, le groupe Meta a officiellement commencé à collecter les contenus publiés sur Facebook et Instagram pour nourrir son intelligence artificielle. Cette démarche, qui touche potentiellement plus de trois milliards d’utilisateurs à travers le monde, marque un tournant dans l’utilisation des données personnelles par les géants du numérique.
Publications, photos et commentaires au service de l’IA
Les textes, photos et commentaires publiés sur les deux plateformes sociales sont désormais utilisés pour affiner les capacités des modèles d’intelligence artificielle développés par Meta. « Avec les commentaires, ce que vous avez dit, on sait ce qu’il y a dans la photo et ça permet d’entraîner une IA à reconnaître d’autres images du même type », explique le journaliste Jacques Henno, spécialiste des nouvelles technologies. L’objectif : rendre les outils d’IA plus performants en s’appuyant sur des contenus générés par les utilisateurs eux-mêmes, à leur insu pour certains. Si Meta affirme avoir prévenu ses abonnés au début du mois de mai, les modalités de cette notification et les informations qu’elle contenait suscitent déjà la polémique. Le message indiquait que des données personnelles seraient potentiellement exploitées, sans que les utilisateurs ne puissent s’y opposer par défaut.
Un refus possible, mais peu connu
Il demeure possible de refuser l’utilisation de ses données, en remplissant un formulaire spécifique depuis un ordinateur ou un smartphone. Une procédure peu visible, que de nombreux internautes risquent de ne jamais entreprendre. Les mineurs, en revanche, sont exclus de cette collecte, tout comme les contenus échangés dans les messages privés. Face à cette évolution, certains acteurs du numérique et spécialistes de la vie privée s’inquiètent d’un usage massif des données à des fins commerciales, déguisé sous l’argument du progrès technologique. Tandis que Meta poursuit le développement de ses modèles d’IA générative, la question du consentement des utilisateurs et de la transparence reste plus que jamais au cœur des préoccupations.