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Iran : exécution du jeune lutteur Saleh Mohammadi après les manifestations de 2026

Saleh Mohammadi, jeune lutteur iranien âgé de 19 ans, a été exécuté le 19 mars à Qom, en même temps que deux autres hommes, Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi.

Saleh Mohammadi était considéré comme un athlète prometteur. Il avait notamment participé à des compétitions internationales et obtenu une médaille de bronze lors de la Saitiev Cup 2024. Son profil de jeune sportif a contribué à médiatiser largement son exécution, rappelant d’autres affaires similaires ayant impliqué des athlètes en Iran.

Une arrestation suite aux manifestations de janvier 2026

Les faits remontent au début de l’année 2026, dans un contexte de manifestations anti-régime en Iran, notamment dans la ville de Qom. Saleh Mohammadi a été arrêté le 15 janvier 2026, quelques jours après des protestations survenues le 8 janvier.

Les autorités iraniennes l’ont accusé d’avoir participé à des violences contre les forces de sécurité, incluant le meurtre d’un policier. Le dossier judiciaire mentionne également l’accusation d’« inimitié envers Dieu », ou moharebeh, une qualification pénale fréquemment utilisée dans les affaires liées à des troubles politiques et passible de la peine de mort dans le système judiciaire iranien.

Un procès contesté par les organisations internationales

Le déroulement de la procédure judiciaire a suscité de nombreuses critiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Iran Human Rights, évoquent des violations graves des garanties d’un procès équitable.

Selon ces organisations, les aveux de Saleh Mohammadi auraient été obtenus sous la torture. L’accusé aurait nié toute implication dans les faits et affirmé ne pas se trouver sur les lieux au moment du crime. Des éléments de défense, dont un possible alibi, n’auraient pas été retenus par le tribunal.

Le procès aurait été mené de manière accélérée, avec un accès limité à une défense indépendante, ce qui alimente les accusations d’irrégularités judiciaires. Amnesty International a dénoncé des « procès expéditifs et manifestement inéquitables » dans plusieurs affaires similaires liées aux manifestations récentes.

Une condamnation à mort suivie d’une exécution publique

Début février 2026, Saleh Mohammadi est condamné à mort en vertu du principe du qisas, un mécanisme du droit pénal iranien basé sur la loi du talion. La sentence est exécutée le 19 mars par pendaison publique à Qom, selon les informations relayées par plusieurs médias, dont le New York Post.

Les trois hommes exécutés sont présentés par les autorités comme responsables de la mort d’un membre des forces de sécurité. Toutefois, les critiques internationales mettent en doute la fiabilité des preuves et la régularité de la procédure.

Cette exécution est considérée comme l’une des premières officiellement liées aux manifestations de 2026.

L’exécution de Saleh Mohammadi a suscité des réactions au niveau international, notamment de la part d’organisations non gouvernementales et d’acteurs du monde sportif. Plusieurs observateurs ont établi un parallèle avec le cas de Navid Afkari, lutteur iranien exécuté en 2020 dans des circonstances également controversées.

Des ONG dénoncent une instrumentalisation de la peine de mort à des fins politiques, visant à dissuader toute contestation du pouvoir. Amnesty International et d’autres organisations ont appelé à une mobilisation internationale accrue et à des mesures de pression contre les autorités iraniennes, y compris dans le domaine sportif.

Une répression plus large des mouvements de contestation

Suite aux manifestations survenues en Iran au début de l’année 2026, des milliers de personnes ont été arrêtées et plusieurs condamnations à mort ont été prononcées.

Les autorités iraniennes continuent de recourir à des qualifications pénales telles que « guerre contre Dieu » ou « corruption sur terre », des infractions passibles de la peine de mort, pour juger des individus impliqués dans des mouvements de contestation.

L’exécution de Saleh Mohammadi est aujourd’hui présentée par de nombreuses organisations comme un symbole de la situation des droits humains en Iran.

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