L’affaire Lyhanna remonte ce vendredi jusqu’à Matignon. Le Premier ministre réunit le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux pour faire le point sur le dossier, au lendemain de la découverte d’un corps d’enfant dans le Gers. Cette réunion doit porter sur l’avancée de l’enquête, mais aussi sur les défaillances possibles dans le suivi du principal suspect, déjà visé par des procédures antérieures. C’est désormais l’un des points centraux de l’affaire : comment un homme au passé judiciaire signalé a-t-il pu se retrouver au cœur d’un scandale de disparition d’enfant ?
Les ratés judiciaires au centre de l’affaire
Le principal suspect, âgé de 41 ans, n’était pas un inconnu des autorités. Plusieurs signalements et procédures le concernant avaient déjà été évoqués avant la disparition de Lyhanna. Parmi eux figure notamment une plainte pour viols sur mineure. Ces éléments ont déclenché une vive polémique sur le traitement des dossiers précédents. Le garde des Sceaux a dénoncé un dysfonctionnement possible de la chaîne judiciaire. L’Inspection générale de la justice et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale ont été saisies pour examiner ce qui a été fait, ce qui ne l’a pas été, et à quel moment d’éventuelles alertes auraient pu être manquées.
Matignon veut des réponses
La réunion organisée ce vendredi doit permettre d’établir un premier état des lieux entre l’Intérieur et la Justice. L’exécutif veut comprendre si des retards, des erreurs de transmission ou des insuffisances dans le suivi des plaintes ont pu empêcher une réponse plus rapide. Le rapport administratif annoncé doit être rendu public. Des sanctions pourraient être envisagées si des fautes sont établies. L’objectif affiché est de déterminer si les institutions ont failli dans le suivi du suspect avant la disparition de Lyhanna.
Un corps découvert dans une exploitation agricole
Cette réunion fait suite à une découverte dans l’enquête. Jeudi, les gendarmes ont retrouvé un corps paraissant être celui d’un enfant dans une exploitation agricole située à Puycasquier, dans le Gers, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. Le corps portait des vêtements similaires à ceux de Lyhanna au moment de sa disparition. L’identification formelle doit encore être confirmée par les examens médico-légaux. L’autopsie doit également permettre de préciser les causes de la mort.
Le suspect mis en examen et incarcéré
L’homme de 41 ans soupçonné dans cette affaire a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans, puis placé en détention provisoire. Il connaissait Lyhanna, qui était une amie de sa fille. Lors de ses premières déclarations, il aurait affirmé avoir déposé l’adolescente aux abords de la piscine de Fleurance. Les enquêteurs cherchent désormais à reconstituer précisément son emploi du temps, ses déplacements et les conditions dans lesquelles le corps a pu se retrouver sur le site agricole.
Lyhanna avait disparu à la sortie du collège
Lyhanna, 11 ans, avait disparu vendredi 29 mai à Fleurance. Elle avait été vue après la sortie de son collège, montant dans la voiture du suspect. Sa disparition avait immédiatement déclenché d’importants moyens de recherche dans le Gers. Depuis, l’enquête a basculé dans une dimension judiciaire et politique. La découverte du corps a renforcé l’émotion, tandis que les questions se multiplient sur le suivi du suspect avant les faits.
Une affaire devenue symbole des failles de l’institution
Au-delà de l’enquête criminelle, l’affaire Lyhanna met désormais la justice sous pression. La réunion de Matignon doit répondre à une question précise : les alertes visant le suspect ont-elles été traitées avec la rapidité et la gravité nécessaires ? Pour la famille de Lyhanna, l’attente reste d’abord celle de la vérité judiciaire. Pour l’exécutif, il s’agit désormais d’expliquer pourquoi un dossier déjà signalé n’a pas permis d’éviter un drame.