Scandale avant USA-Belgique : la FIFA permet à Balogun de jouer après l’intervention de la Maison Blanche
Scandale avant USA-Belgique : la FIFA permet à Balogun de jouer après l’intervention de la Maison Blanche

La FIFA a suspendu l’exécution de la sanction automatique visant Folarin Balogun, expulsé lors de la victoire des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine. L’attaquant américain pourra donc jouer le huitième de finale de Coupe du monde face à la Belgique, lundi à Seattle, alors qu’il devait initialement purger un match de suspension. Le carton rouge reste inscrit, mais la suspension d’un match est gelée pendant un an.  

Un rouge direct, puis un revirement

Balogun avait été exclu en seconde période contre la Bosnie-Herzégovine, après intervention de la VAR, pour un geste jugé dangereux sur Tarik Muharemovic. Les États-Unis s’étaient imposés 2-0, avec un but de Balogun avant son expulsion. Ce carton rouge devait normalement entraîner une suspension automatique d’au moins un match, ce qui l’aurait privé du rendez-vous contre les Belges.  

La décision annoncée dimanche change directement la composition possible de Mauricio Pochettino. Balogun, auteur de trois buts dans ce Mondial, redevient disponible pour un match à élimination directe. Pour les États-Unis, c’est un renfort majeur. Pour la Belgique, c’est une décision jugée incompréhensible.  

L’article 27, le levier utilisé par la FIFA

La FIFA s’est appuyée sur l’article 27 de son Code disciplinaire, qui permet à son organe juridictionnel de suspendre totalement ou partiellement l’exécution d’une mesure disciplinaire. Dans le cas Balogun, la suspension est placée sous période probatoire d’un an. Si le joueur commet une infraction similaire pendant ce délai, la sanction pourra être réactivée, avec d’éventuelles sanctions supplémentaires.  

Ce n’est donc pas une annulation pure et simple du carton rouge. La FIFA ne dit pas que l’arbitre s’est trompé. Elle décide seulement de ne pas appliquer immédiatement la suspension qui en découle. C’est ce point précis qui alimente la polémique : le mécanisme contourne l’effet automatique du rouge sans rouvrir officiellement l’arbitrage du match.  

La Maison Blanche est entrée dans le dossier

La dimension politique du dossier est assumée côté américain. Donald Trump a publiquement remercié la FIFA d’avoir “fait ce qui était juste” après l’annonce de la disponibilité de Balogun. La Maison Blanche a aussi été impliquée dans les échanges avec la FIFA autour du carton rouge, avec une demande de réexamen adressée à Gianni Infantino.  

Ce contact direct donne à l’affaire une portée qui dépasse le terrain. Le pays hôte voit son avant-centre réintégré à la veille d’un match couperet. La FIFA invoque son règlement disciplinaire. La Belgique, elle, y voit une rupture d’équité sportive.  

La Belgique dénonce une atteinte au fair-play

La Fédération belge s’est dite “stupéfaite” par la décision de rendre Balogun éligible. Elle estime que cette mesure entre en contradiction avec le principe de suspension automatique après carton rouge et a annoncé examiner “toutes les options” pour défendre les droits des équipes engagées et les principes du fair-play.  

Rudi Garcia a lui aussi réagi fermement. Le sélectionneur belge a ironisé en conférence de presse sur une décision digne d’un 1er avril, tout en affirmant que la Belgique ne défendait pas seulement son intérêt, mais l’intégrité du football.  

Un précédent Ronaldo, une polémique renforcée

L’affaire rappelle un précédent récent avec Cristiano Ronaldo. Exclu contre l’Irlande en qualifications pour la Coupe du monde 2026, le Portugais avait vu une partie de sa sanction suspendue par la FIFA, là aussi sur la base de l’article 27. Balogun bénéficie désormais du même mécanisme disciplinaire.  

Cette répétition renforce les critiques. La règle existe, mais son usage dans des dossiers impliquant des joueurs importants, à des moments sportifs décisifs, nourrit les accusations de traitement d’exception. La FIFA n’a pas fourni d’explication détaillée justifiant pourquoi l’exécution de la suspension devait être suspendue dans ce cas précis.  

Un match déjà sous tension

USA–Belgique se jouera donc avec Balogun sur la feuille de match possible. Sportivement, sa présence modifie l’équilibre offensif américain : profondeur, point d’appui, efficacité dans la surface. Politiquement et disciplinairement, elle place la rencontre sous surveillance maximale.  

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