« Ma frère » : deux amies animatrices en colo face à l’entrée dans l’âge adulte
« Ma frère » : deux amies animatrices en colo face à l’entrée dans l’âge adulte

À partir du 7 janvier 2026, Ma frère suit Shaï et Djeneba, 20 ans, amies depuis l’enfance, qui quittent le béton de la place des Fêtes à Paris pour un été de colonie de vacances dans la Drôme. Réalisé par Lise Akoka et Romane Gueret, le film installe son récit au moment précis où l’on croit gagner en liberté… tout en découvrant que grandir oblige à choisir, parfois contre soi, parfois contre les autres.

Un été de colo comme terrain d’apprentissage

Pour se faire un peu d’argent et respirer loin de leurs contraintes familiales, les deux jeunes femmes deviennent animatrices et se retrouvent responsables d’une vingtaine d’enfants. Le décor de la colonie sert de caisse de résonance : logistique à gérer, veillées à tenir, sorties à encadrer, tensions à désamorcer. Le quotidien, rythmé par les repas, les activités et les trajets, transforme Shaï et Djeneba en adultes “en cours de fabrication”, obligées de tenir un rôle alors qu’elles tâtonnent encore elles-mêmes.

En parallèle, le film donne de l’épaisseur à ce qu’elles laissent derrière elles. Djeneba est rattrapée par une situation familiale instable, notamment autour d’un demi-frère bébé dont elle tente de s’occuper. Shaï, elle, cherche à desserrer l’étau d’un cadre familial très religieux et d’une fratrie pesante. La colonie devient alors une parenthèse qui n’efface rien, mais qui permet de se regarder autrement.

Sororité, transmission et parole des enfants

Ma frère repose sur un duo central incarné par Fanta Kebe (Djeneba) et Shirel Nataf (Shaï), entouré d’un groupe d’enfants très présent à l’écran, dont les échanges font avancer l’histoire autant que les “adultes”. Les plus jeunes ne sont pas seulement des silhouettes à surveiller : ils questionnent, provoquent, racontent, et obligent les animatrices à affronter des sujets concrets consentement, rapport au corps, identité, vivre-ensemble sans discours plaqué.

Le film s’appuie aussi sur une figure d’encadrement, Sabrina, la directrice, jouée par Amel Bent, qui apporte un contrepoint plus posé : l’autorité sans brutalité, la protection sans condescendance. Au fil des jours, la colonie agit comme un révélateur : l’amitié entre Shaï et Djeneba, construite dans l’enfance, se recompose à mesure que leurs trajectoires divergent. Et c’est précisément là que Ma frère trouve son cœur : dans cette idée qu’aimer très fort ne suffit pas toujours, et qu’il faut parfois réinventer le lien pour ne pas le perdre.

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